C’est une autobiographie signée par l’un des auteurs pour lequel ont le plus d’affection, de respect pour le talent dont le dessin nous a fait voyager vers les plus lointains et enchantés, romanesques rivage. Et cela depuis des lustres. On l’a lu et rencontré comme aussi, chance du merveilleux métier de journaliste, la plupart des grand auteurs qui ont marqué son chemin. Dominique Hé est un cas de figure très à part dans le monde de la BD. Avec la Porte ouverte il raconte sa vie. Plutôt comment il a fait pour en arriver là où il en est aujourd’hui. C’est vrai que notre jeunesse, nos débuts ont eu lieu pratiquement au même moment. Sans se connaître ça crée des liens et permet ensuite d’échanger sur un vécu qui se ressemble. Comme il le fait dire à Gabriel Garcia Marquez, la vie ce n’est pas ce que l’on a vécu mais ce dont on se souvient. Ce seront donc en premier dans les années 80, ses Mémoires d’un aventurier devenues une BD de chevet. La suite c’est lui qui en parle en images, normal, avec un humour qui n’appartient qu’à lui.
Jean-Pierre Dionnet mémoire de la BD du XXe siècle signe la préface et déjà trace sa bibliographie. Rappelle qu’on l’a snobé, le qualifie de Zouave du pont de l’Alma. La Porte ouverte commence en 1971 et ne parlera que de BD. Il n’a pas la mémoire qui flanche, Hé. Jean Giraud va être son plénipotentiaire. Hé fait les rades pourris en ce début des années 70 avec des toiles dont personne ne veut. Mais il est à Paris alors… Aux portes des Beaux Arts il tente le coup et on lui suggère d’aller barbouiller ailleurs mais dans le galeries gros flop. Il fallait qunad même grailler. Université expérimentale de Vincennes, le camarade Hé s’accroche au pinceau dans une ambiance soixante-huitarde sur le retour. De la peinture en braille, le summum, comme Soulages mais lui c’est noir ajoute Giraud. Epoque curieuse d’une démocratie qui s’imagine éliminatoire. Hé se fera virer, il valait mieux et se trouve un abri dans une quartier minable le XVIe. Passons et puis c’est Lourdes, la BD lui apparaît. Il pousse une porte où Giraud donne un cours. Hé, la BD il ne connait pas. Serge Le Tendre est là, François Dimberton, Régis Loisel qui s’en fout. Invitation chez Giraud. Druillet pas toujours simple à suivre, notre regretté Jean-Claude Mézières et le charnu de Laureline. Une pause avec Mouna dans le métro pour ceux qui on de l’âge. André Juillard autre ami absent, avec Anne.
Hé passera par bon nombre de portes et finira par ouvrir la bonne. Pilote, Goscinny, Vidal, Dionnet rajeuni, Gotlib, la très belle talentueuse Claire Bretécher, quelle palette. Avec Hé après les Aventuriers on a aimé Sophaletta sa reprise, Tanatha, Les Miroirs du crime, Pornhollywood avec Simsolo comme aussi Hitchcock ou Du Côté de l’enfer, le dernier Chiens et loups, toute son oeuvre en fait. Hé c’est un trait qui parle, simplement sans emphase, une belle ligne claire qui accroche son lecteur. Des surprises en fin de bouquin qui se lit, et oui, comme une bonne BD. C’est tout Hé. Un dernier sourire pour Annie Goetzinger. Merci Dominique Hé.
La Porte ouverte, 120 pages, Glénat, 23 €
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