Parfum de soie, au royaume des geishas

Édifiante et atypique histoire dans un Japon finalement pas si éloigné de celui que l’on connait, une jeune fille, Isako, est vendue par son père pour devenir une geisha, titre reconnu et recherché. Elle n’a qu’un bien, un kimono brodé par son père maître en la matière. Parfum de soie trace une chronique romanesque mais sur des bases authentiques d’un monde qui échappe totalement à nos esprits d’européens cartésiens. On suit la parcours de Isako sur une histoire écrite par Isabelle Plongeon qui connait bien la culture japonaise et Carole Breteau dont c’est le premier album.

Parfum de soie Isako accompagne son père, en 1826, à Tokyo livrer un kimono à l’Okiya, maison des geishas. Masako, maîtresse des lieux les reçoit et Isako comprend que son père l’a vendue à l’école de geisha. Elle aide l’une d’elle à enfiler le somptueux kimono fait par son père. La geisha n’a que mépris pour Isako frèle et maigre. De plus Isako a dans le coup une tache de naissance en forme de trèfle. Avec l’aide de la jeune Hiromi, Isako apprend son travail de servante. Son père a déjà vendu sa sœur à l’école. Isako apprend que Daichi et Chihori sont devenues des geishas célèbres. Chihori se fait appeler Midori. Le travail est rude et Isako doit obéir en tout point. Sa mère, Fuyimi, a envoyé un message à un noble qui porte la même tâche que sa fille. Fuyimi a été elle-aussi une geisha très connue.

Un peu compliqué de bien suivre toute la philosophie du mythe geisha (qui n’est pas une prostituée il faut le redire), les codes, les règles. Mais on comprend qu’Isako n’a pas le choix si elle veut s’en tirer. La formation est très cadrée dans un environnement fascinant. Le drame monte en puissance au fur et à mesure qu’Isako découvre que sa mère ne lui a pas tout dit sur son passé, celui de ses sœurs et leurs origines. Il y a donc en prime une intrigue que va lui expliquer sa patronne. Le kimono est un symbole et un certain talent d’Isako va la propulser au sommet. Mais on n’en dit pas plus. Le dessin de Dana Dimat est imprégné de culture et de graphisme inspiré par la réalité japonaise. La jalousie entre les geishas est aussi un des moteurs de cet album qui séduit à plus d’un titre. Un cahier graphique boucle l’album.

Parfum de soie, Soleil éditions, 22,95 €

Parfum de soie