
C’est un best-seller dans la lignée de la Trilogie Berlinoise de Philip Kerr, tout autant efficace et qui se passe à Berlin fin 1944 dans une ville où le nazisme est encore puissant mais qui croule sous les bombes alliés. Le roman à conseiller vivement est de Richard Birkefeld et Cöran Hachmeister. La BD est elle de Rodolphe pour le scénario, une échappée germanique, et le dessin de Louis Alloing qui a parfaitement réussi à recomposer ce Berlin en partie disparu (mais pas complètement) théâtre désormais classique du polar historique. Car Deux dans Berlin est un polar avant tout, à deux têtes sans rapport entre elles qui cherchent à se venger mais aussi à découvrir la vérité. Et peut-être que leurs destins vont se rejoindre. Du cousu main.

Ruper Haas en tenue rayé de déporté s’échappe de Buckenwald bombardé, tue un gardien et vole son uniforme. Dans un hôpital on soigne l’ancien officier SS Hans Kalterer dont les actes odieux ne cessent de la hanter. Il n’ira pas sur le front de l’Est dans son état. Il a obéit aux ordres et aime Merit. Les proches de Haas ont été tués dans un bombardement à Berlin, Lotti et Friedrich. Il veut savoir qui l’a dénoncé, envoyé en camp de la mort et à cause duquel il n’était pas là pour protéger sa famille. La haine l’habite. En convalescence Kalterer est rejoint par un officier SS, Bideaux, envoyé par un ponte le Gruppenführer Langenstras qui veut le voir à Berlin. Où est Haas qui enquête. Son immeuble est détruit. Il se renseigne chez les voisins quand un raid arrive. Au grenier il tombe sur une jeune fille alors que Kalterer avec Bideaux arrive au quartier général de la Gestapo. Haas se souvient des paroles contre Hitler prononcées en public alors qu’il a appris la mort sur le front d’un proche. Il se souvient des gens qui étaient avec lui. C’est obligatoirement l’un d’eux qui l’a dénoncé. Arrêté par la Gestapo, torturé et envoyé en camp. Dans un bar il rencontre par hasard un ami, Georg Buchwald. Sa fiancée a été assassinée à coups de pelles. Et qui avait fait pression pour récupérer après son arrestation l’appartement de Haas. Kalterer se voit confier un crime et trouver le meurtrier d’un ponte du parti nazi, Egon Karasek. Un terrain dangereux et miné.

On passe de l’un à l’autre avec comme repère des têtes de chapitres numérotées de couleur différentes pour Haas et Kalterer. L’adaptation est très maîtrisée. Et c’est vrai que tous ses lecteurs n’auront pas obligatoirement lu le roman et ne pourront donc pas comparer. Kalterer et Haas sont doués et rien ne les arrête. On navigue à vue dans Berlin en ruines. Le dessin d’Alloing est encore une fois capital dans sa qualité et permet de se glisser à sa suite aux trousses des héros. Une belle palette de personnages secondaires pour une ou des vérités mortelles. A recommander. A lire aussi dans le style Columbusstrasse et Seules à Berlin de Nicolas Junker. Sans oublier l’adaptation de la Trilogie Berlinoise.
Deux dans Berlin, 208 pages, Pictavita, 28 €

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