Albums

Deryn Du, l’horreur et l’effroi selon Guillaume Sorel

Guillaume Sorel a un dessin, un ton, une écriture qui ont un pouvoir inégalé. Beauté, horreur, drame, il captive et son nouvel album Deryn Du est un modèle de ce que Sorel peut faire, envoûtant et décalé, qui embarque le lecteur dans une aventure improbable. L’horreur est la clé du récit, la fantastique aussi. Sorel avait exposé sur ce thème et signé un Macbeth.

Une plage sur la côte galloise, des corbeaux attaqués par des mouettes, un baleine échouée qui se décompose déchiquetée, des policiers qui s’interrogent et une foule curieuse. Un homme pense que les traces de morsure sur le cétacé ne peuvent être celles d’un requin. Des sirènes alors ? Pourquoi cet endroit au pied de leur village se demandent les habitants. Une poupée doit disparaître. Un homme la jette à la mer et elle coule. Un couple est retrouvé dans sa chambre piétiné par des chevaux. Impossible et sans dégâts ni traces autour du lit. Mais ce n’est pas le premier meurtre incompréhensible. Une petite fille semble être l’instigatrice. La police enquête sur ces mises en scène macabres. Un homme qui aime la littérature fantastique se penche sur les affaires. Il pense à une action surnaturelle. Ses promenades le mène à la forêt où in voit une fée aux ailes de papillon comme ceux que voit la  gamine envoûtée qui entend des paroles étranges et sanglantes, prémonitoires. La nuit alors que des villageois patrouillent dans les rues un homme au visage déchiré se jette par la fenêtre. Et dans la rue la jeune fille est cachée, souffle sur l’amateur de fantastique.

La peur envahit peu à peu le récit. Cabines de plage, on se moque des vacancières. Les contines se succèdent et l’homme cherche les liens, surveillé par la gamine. qui finira par le rencontrer. C’est vrai que le dessin de Sorel, volontairement suscite l’angoisse comme dans le film Charlie. On pense évidemment à Stephen King qui aurait dévoyé Alice aux pays des merveilles. Un compliment car Sorel sait créer, peaufiner. L’enfer brûle. Le couple formé par la petite fille et le chercheur, les pages ensorcelées de Sorel, les couleurs profondes et bien sûr la poupée font monter la pression, Deryn est-elle vraiment morte ou se venge-t-elle de ceux qui n’ont pas voulu aider ses parents? Suspense, mystère et on est glacé par tant de diableries. Quel dessin. Et Sorel prend la parole en fin d’album avec un cahier de croquis.

Deryn Du, 136 pages, Dupuis, 25 €

Partager

Articles récents

Florence Cestac chez Azimuts à Montpellier le 3 octobre 2026 pour Oui chef!

Recevoir Florence Cestac c'es toujours un évènement et un plaisir. Elle sera le samedi 3…

1 octobre 2026

L’ACBD attribue le Prix Comics 2026 à Tongues

Depuis 2019, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée récompense une bande dessinée issue…

1 octobre 2026

Le Prix Formula Bula 2026 à Margaux Meissonnier pour Le Parc Saint-Rien

Le Festival Formula Bula a attribué son Prix PRIMA BULA à Le Parc Saint-Rien de…

30 septembre 2026

Vieux Papa, le quotidien d’une personne âgée

Il y a de plus en plus rarement des BD qui vous font vaciller le…

30 septembre 2026

Frankenstein et David Sala chez Maghen dès le 30 septembre 2026

Du 30 septembre au 24 octobre 2026 la galerie Daniel Maghen est fière de consacrer…

29 septembre 2026

Conan Doyle, quand l’écrivain prend la place de son héros

Sherlock sans Sherlock, ni Watson mais avec Sir Conan Doyle son créateur et son fidèle…

29 septembre 2026