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Cicatrices, après la guerre

La suite d’Éclats dont on vient de parler, le journal d’un couple hollandais que la guerre a séparé est dans Cicatrices. Erik De Graaf tient le journal d’un homme qui ira jusqu’au bout de ce que lui dicte sa conscience face à l’occupant allemand. Esther sera prise au piège de la haine antisémite nazie. Après les bases, l’avant-guerre, la débâcle et la mort de leur meilleur ami, Esther et Victor vont avec des mots simples, tenter de se raconter sans occulter les moments terribles qu’ils ont vécu. La grande force du récit en partie sur des bases familiales est son authenticité, sa spontanéité alors que les évènements, les actes, les regrets ou les remords vont marquer à jamais la vie de ces héros du quotidien. Ligne claire pour De Graaf et grande puissance émotionnelle, sentimentale comme le souligne Didier Pasamonik dans sa préface.

Mai 1946, Victor et Esther se retrouvent une nouvelle fois. Retour en 1939 entre copains, Chris, Victor, Esther, Geert, Marteen pour une photo souvenir. Chacun a ses idées sur le conflit qui approche. Esther se souvient comment Geert dont le père est pro-allemand a averti Esther que si les Allemands arrivent les Juifs seront pourchassés. Le père d’Esther décide de mettre sa famille à l’abri à la campagne. Mais la place est limitée. Esther et sa jeune sœur Ruth sont choisies. Leurs parents vont disparaitre. Pour Esther le calvaire commence avec un fermier qui la viole. Victor décide à la même époque de s’engager dans la Résistance et participe à des actions violentes.

On suit pas à pas la succession de faits qui vont faire la vie dramatique d’un couple qui aura du mal à se reconstruire. La perception même de ce qu’a été la guerre, l’occupation, la Shoah en Hollande (100 000 juifs déportés) est différente de ce que l’on en a comme image en France. La Résistance hollandaise a été très efficace en particulier pendant l’opération Market Garden, échec allié, sur le sol des Pays-Bas. Il y a aussi une part de suspense dans le récit lié à la mort de Chris et à cette drôle de guerre puis défaite où comme en France on a parlé de sabotage et de 5e colonne. En réalité l’Europe a été dépassée par son ignorance volontaire du réarmement allemand, de la modernité de ses équipements et de sa négation totale de toutes pseudo règles dont la neutralité de la Hollande. Éclats et Cicatrices sont à mettre en exergue pour leurs grandes qualités d’écriture et historiques.

Éclats/Cicatrices, Tome 2, Cicatrices, Champaka, 25 €

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