Il y a des fois des albums qui étonnent, dévissent un brin et se rattrapent aux branches plutôt plus que moins. C’est le cas du très surprenant Cécile la Shérif épopée romanesque qui associe liberté de la femme à une balade que n’aurait pas renié Calamity Jane ou les Pétroleuses. Walter Guissard en maîtrise le dessin si particulier et séduisant digne des meilleurs créateurs. Pour le récit on a Victor Coutard dont c’est la première BD qui trace le destin d’une héroïne qui se veut juriste par tous les moyens, Colt en main si besoin. Il y aurait même des personnages réels qui feraient de la figuration. Alors cherchons et laissons nous séduire par cette Cécile que n’aurait pas renié Claude Nougaro.
Des débuts à Orléans pour une jeune femme éprise de liberté. Elle rêve de devenir la première femme magistrate de France. Sans scrupules. Au Palais de Justice en 1848 même si on a un père procureur une femme ne peut devenir magistrate. Son père la suit à la trace. Pour Cécile le DRoit émancipe. Inconvenant et pourtant Cécile a fait un sort au clerc de son père. Evasion et bamboche nocturne à la Jument Verte où joue au piano un type qui vient des USA, Louis-Moreau Gottschalk. Cécile se dit femme de loi amatrice et bientôt magistrate tout en écrasant les doigts du pianiste. Cela tourne mal au bistrot et on finit au Poste. Mais le Louis a de la ressource, les libère et ils partent pour Chaumont et Le Havre prendre un bateau pour l’Amérique. De préférence La Nouvelle Orléans pour Cécile. A Amboise croupit Abd el Kader qu’elle défendrait bien. Elle part d’abord pour Boston avec Louis-Moreau. Arrivée, immigration, train vers La Nouvelle Orléans. Paysages grandioses, attaque de bandits mais Cécile récupère un Colt. Face aux dangereux hors-la-loi qui se marrent de voir une femme armée. Sauf que elle a le regard qui tue Cécile, en prime. Le Colt aboie et la train passe. Un shérif Scootard lui montre son étoile. Son destin est tracé.
Avocate certes non diplômée, fugueuse mais au grand coeur, Cécile dont la plaidoirie pour sauver les brutes restera dans les annales. Poker, elle triche et la suite sera bien sûr sous le signe de sa bonne étoile à cinq branches. Une nouvelle Shérif. Une ambiance à la Leone et elle règne sur Mobile. Elle tire plus vite que son ombre. On passe, on déguste les pruneaux, on savoure le trait, l’humour déjanté, rebondissements, sur le fil la Cécile pauvre mais souriante cow-girl solitaire. Un bonheur graphique et narratif.
Cécile la Shérif, 120 pages, Casterman, 24 €
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