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Cartagena, Hermann pour son dernier album

C’est le dernier album d’Hermann avec Yves H. au scénario. Et on ne peut pas dire qu’ils aient fait dans la comédie légère. Du noir, éprouvant, dur, à l’image d’un Mexique où les cartels sont tout puissants, mortels. Alvaro est un gamin qui travaille pour eux et dont le destin va basculer dans un monde où il n’a aucune chance de s’en tirer. Un drame à la fois social, politique et humain qui fait froid dans le dos car tout à fait plausible. Du Hermann pour le dessin avec des regrets qu’il ne puisse plus nous surprendre, lui qu’on a eu la chance de rencontrer si souvent et déjeuner avec lui le jour où en direct juste il a appris qu’il était Grand Prix d’Angoulême en 2016. Une belle collaboration à nouveau entre père et fils avec des moments délicats dus à la santé d’Hermann qui pourtant a superbement assuré le dessin.

Alvaro, le narrateur, est une fourmi, un guetteur du cartel qui veille à ce que les livraisons à Cartagena au Mexique se passent bien. Il aimerait bien flinguer son père et a un copain Nacho impliqué comme lui. Sa mère est inquiète. Au club Indigo il a rencontré Elena qui déteste les losers. Felix lui est flic et traque les narcos, un en particulier Arriega. Alvaro et Nacho sont convoqués par le cartel et ils vont devoir faire leurs preuves, tuer de sang-froid des prisonniers sous les ordres de Benito. Alvaro le fait mais craque et abat Benito. A partir de là, lui et son ami Nacho deviennent des proies à abattre. Felix planqué a assisté à tout. Les deux garçons volent une voiture et ont un coup de fil du patron narco qui veut les voir. Mais pourquoi ? Se rendre sera sûrement leur mort.  Une solution passer aux USA.

Une course contre une mort programmée pour les deux ados. Il y a un suspense bien cadré par Yves H. comme toujours. La course du lièvre à travers les champs mais qui pourrait bien avoir de la ressource. Personne n’est clair dans ce polar sombre, assez désespérant. Le flic va tirer les ficelles sans états d’âme. Les ambiances, les décors sont du grand Hermann en couleur directe. De la BD classique, sans faille, qu’on aime et qu’on lit de moins en moins souvent.

Cartagena, 64 pages, Le Lombard, 16,95 €

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