C’est ce qu’on appelle faire du neuf avec du vieux et surtout sans respecter les dates. Le 17 janvier 1966 un bombardier américain B-52 et son ravitailleur en vol se percutent au large des côtes espagnoles près du village de Palomares, nom qui va être donné à l’incident gravissime. Car à bord du B-52 (voir le film de Kubrick Docteur Folamour on est en pleine guerre froide) il y a quatre bombes atomiques. Deux s’écrasent au sol en Espagne et dégagent des matières radioactives. Une autre tombe en mer mais au bout de son parachute intacte. La dernière coule et ne sera repêchée que le 7 avril 1966. C’est cette histoire vraie mais complètement romancée que Roger Seiter et Régric ont reconditionné, daté de 1963 (pourquoi ?) dans Bombes H sur Almeria le dernier Lefranc. On y ajoute la Guerre d’Espagne, une histoire mystérieuse familiale mais surtout sauf erreur aucune référence à la vraie affaire Palomares. Étonnant mais sûrement plus facile pour caser les autres intrigues et personnages.
Beaucoup de choses en même temps, dont la reconstitution de Palomares mais avec des protagonistes, des péripéties un brin tirées par les cheveux, le tout doublé d’une autre intrigue dans une Espagne franquiste pas vraiment montrée dictatoriale à ce moment là même si les auteurs en rappellent les grandes lignes. Même les Yankees sont sympas. Comme quoi. Une petite préface n’aurait pas été inutile.
Lefranc, Tome 35, Bombes H sur Almeria, Casterman, 12,50 €
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