Bombes H sur Almeria, non Palomares

C’est ce qu’on appelle faire du neuf avec du vieux et surtout sans respecter les dates. Le 17 janvier 1966 un bombardier américain B-52 et son ravitailleur en vol se percutent au large des côtes espagnoles près du village de Palomares, nom qui va être donné à l’incident gravissime. Car à bord du B-52 (voir le film de Kubrick Docteur Folamour on est en pleine guerre froide) il y a quatre bombes atomiques. Deux s’écrasent au sol en Espagne et dégagent des matières radioactives. Une autre tombe en mer mais au bout de son parachute intacte. La dernière coule et ne sera repêchée que le 7 avril 1966. C’est cette histoire vraie mais complètement romancée que Roger Seiter et Régric ont reconditionné, daté de 1963 (pourquoi ?) dans Bombes H sur Almeria le dernier Lefranc. On y ajoute la Guerre d’Espagne, une histoire mystérieuse familiale mais surtout sauf erreur aucune référence à la vraie affaire Palomares. Étonnant mais sûrement plus facile pour caser les autres intrigues et personnages.

Bombes H sur AlmeriaJanvier 1963 à Paris Lefranc veut retrouver les traces de son oncle Antoine qui aurait combattu dans les Brigades Internationales pendant la guerre d’Espagne contre Franco. Mais il n’a pas été tué et exfiltré par une combattant anarchiste Ines de la Cerna qui habite près d’Almeria. Il serait mort en 1946. Lefranc décide de partir en Espagne où il tombe sur Lucas et Soledad qui semblent proches mais agressés par le père de Lucas, un patron pécheur. Aux USA, une patrouille de B-52 chargés de bombes atomiques va décoller dans le cadre du programme de protection des frontières US. En permanence des B-52 sont en vol pour riposter si besoin contre l’URSS en cas d’attaque. Lefranc commence à se renseigner sur son oncle pour savoir ce qu’il s’est passé entre 1936 et 1946 pour Antoine qui serait mort d’un arrêt cardiaque. Mais une explosion énorme déchire le ciel et des débris énormes percutent le sol.

Bombes H sur Almeria

Beaucoup de choses en même temps, dont la reconstitution de Palomares mais avec des protagonistes, des péripéties un brin tirées par les cheveux, le tout doublé d’une autre intrigue dans une Espagne franquiste pas vraiment montrée dictatoriale à ce moment là même si les auteurs en rappellent les grandes lignes. Même les Yankees sont sympas. Comme quoi. Une petite préface n’aurait pas été inutile.

Lefranc, Tome 35, Bombes H sur Almeria, Casterman, 12,50 €

Bombes H sur Almeria

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