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Billy Lavigne, western implacable

Un western d’Anthony Pastor, Billy Lavigne, sombre, presque désabusé et qui pourrait rapidement mal tourner. Une chanson folk car Pastor a écrit en écoutant Dylan, on sent que l’influence de Girault n’est pas loin. Un tournant dans une Amérique où le cow-boy n’est plus un mythe, où il va être réduit à sa plus simple expression. Un drame à la fois intimiste et sur fond de prairies et de broncos à perte de vue. Pastor a remarquablement posé ses ambiances sur des décors parfaits, une documentation qui valide le moindre détail. La chronique d’un meurtre et d’un Billy qui ne va pas jouer le jeu. Une vengeance froide et déterminée. Le dessin est implacable mais peut parfois être généreux. Du grand art en tout point.

Pas joyeux les débuts, de grands espace, la mère de Billy est morte, il faut creuser sa tombe. Clarendon au Texas en 1893, deux hommes sont au bord de la tombe pour une femme à la sulfureuse réputation, dont personne ne veut, Maggie qui se serait noyée. Seul témoin un vacher pas malin, Keller. Meurtre ou accident ? On a envoyé un message à Billy Lavigne pour lui apprendre la mort de sa mère. Retour en arrière , sa mère travaillait sous une tente. Billy a trop fatigué sa jument, Comanche. Il va à pied au ranch où travaille Keller et lui flanque une dérouillée. Les patrons du coin ce sont un capitaine de Rangers et un colonel Ford qui ont des sentiments paternels pour Billy. Le capitaine aurait pu se marier avec Maggie qui avait été maîtresse d’école. Charlotte l’a eu comme institutrice. Mais l’école a fermé quand on a décidé que le train passerait plus loin. Maggie a été virée. Désormais la région est sous la coupe du capitaine et de Ford.

Les personnages font le poids, sont inspirés par des types qui ont vécu et marqué l’Ouest. Billy sera un détonateur qui est pris au piège, bête traquée mais qui par instinct a des chances de survivre. Ou pas suspense oblige. Pastor va persister dans le western pour son prochain album. Il le maîtrise comme Rossi mais dans un autre genre, noir et sans pitié.

Billy Lavigne, Casterman, 22 €

 

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