Un cas d’école, une princesse boulotte qui n’a qu’une envie trucider du monstre et si possible du dragon, pas d’enfiler des perles. Agnès la chevaleresse est la fille au moins de papier de Damien Geffroy (Les Cowboys sont toujours à l’Ouest). Et on peut dire qu’il lui a concocté un destin à hauteur d’un Arthur Pendragon revisité, Durandal comprise. Sauf que voilà, on lui a collé un mentor, un escroc, un chevalier dans le style débris menteur qui va tirer la couverture à lui et piquer les exploits de la pas si douce Agnès. De l’humour à faire retourner Perceval dans sa caverne, du Kaamelott où Guenièvre en armure aurait le premier rôle. Des dialogues en béton armé, des histoires courtes et un duo qui a du Don Quichotte et Sancho Pança sans qu’on sache vraiment qui est qui. Plus une touche de fantasy pour ajouter à la rigolade.
Au commencement il y avait le terrible dragon Dzalès dont Gunthar a eu la peau et la tête avec son épée invincible. Sauf que comme le raconte sa mère à la princesse Agnès les dragons ça revient. Agnès rêve de devenir chevaleresse, elle va à l’école des chevaliers et obtient le diplôme. Sauf qu’elle a un stage de validation à faire sous la houlette d’un chevalier. Sinon elle va revenir chez ses parents qui eux auraient bien voulu la caser. Horreur, alors son père trouve dans ses geôles un vieux débris, le chevalier Gérard, un sournois qu’il colle à Agnès. Et c’est parti. Agnès sait que Gérard est le pire de tous les chevaliers et misogyne grave. Faut passer par le bureau des quêtes et le vieux l’embarque au Troll Morveux, auberge pourrie où il lui fait un cours de chevalerie appliqué aux fayots. Une quête dispo, 50 000 couronnes de récompense, retrouver une princesse enlevée par un ogre qui en a fait un pâté en croute. Donc tarif réduit. Agnès a un copain, Snurfly érudit victime d’un sortilège avec lequel elle a terrassé le dragon Goezola, italien bien sûr. Sauf qu’il pourrait y avoir méprise car un Snurfly peut en cacher un autre aux attributs redoutable. Ce dont ce bon Gérard va s’apercevoir.
Déjanté mais très bien conçue cette quête d’Agnés qui n’a pas vraiment inventé la poudre mais y met du sien. Le dessin est joyeux, le dessin est bon, on ne boit pas que de la verveine et le chevalier a le séant fragilisé. Le dragon est bien là. Les héros sont dignes d’Ivanhoé, presque et on s’attache à ce duo mal fagoté dont Geffroy a fait un modèle du genre satirique. C’est sa première BD comme auteur solo et bravo, on en redemande, sacrée Agnès.
Agnès la chevaleresse, 64 pages, Fluide Glacial, 17,90 €
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