Pratiquement jour pour jour, un an pour qu’un nouveau tome des Vieux Fourneaux nous arrive, tout chaud, entre nos petites mains moites d’émotion et de bonheur retrouvé. On a abandonné les Zadistes du tome 4. C’est pour mieux passer aux migrants, mon enfant, avec un tome 5, Bons pour l’asile. Mais il est vraiment inconscient, Lupano. Il veut nous les enfermer les trois déglingués du bocal ? Enfin, pas vraiment mais c’est vrai, qu’une fois encore, façon jobards délurés et jusqu’au boutistes, ils vont faire dans le puissant, l’irrémédiable et avec l’air, en plus, de ne pas y toucher. On y ajoute une petite couche famille qui se retrouve avec Juliette en mal de grands-parents et il y a de l’émotion dans l’air vicié de la capitale. Ah, au fait, c’est vrai. Pour cette fois, Lupano et Cauuet s’évadent de la campagne et vont squatter, au sens propre du terme Paris my love. Ni yeux ni maître, tout ces fadas qu’on aime.
Une succession de tableaux nerveux, vifs, rapides qui ont tous, en arrière plan, une petite idée derrière la tête. On divertit mais on dit ce qu’on pense. Les migrants car « ce ne sont pas les étrangers qui font peur mais les étrangers pauvres », la fliquette « qui s’en carre l’oignon » que Pierre n’aime pas son job, les Australiens et leur Nauru Island, les croulants ont du répondant à travers la voix de Wilfrid Lupano. Il y aura l’instant émotion avec Juliette et Fanfan qui se fait « péter le toquant en remuant du derche ». On n’en rajoute pas sur le travail de Paul Cauuet. Le duo fait la paire dans le talent. Comme d’habitude, jamais déçu.
Les Vieux Fourneaux, Tome 5, Bons pour l’asile, Éditions Dargaud, 12 €
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