Satanie, à redécouvrir avec Vehlmann et les Kerascoët

Une réédition et largement méritée, celle de Satanie parue il y a une dizaine d’années, un voyage au centre de la terre, Verne revisité en quelque sorte de façon hard et dramatique.  Et si le centre de la Terre abritait un monde de créatures à cornes qui aurait donné naissance à la notion d’enfer et de diables ? Le frère de la jeune Charlie en était persuadé et il a disparu dans les galeries inexplorées d’un gouffre. Sa sœur s’est jurée de le retrouver. Satanie est une fable très élaborée que Fabien Vehlmann a écrite et que les Kerascoët ont décliné avec une imagination et un coup de crayon diabolique. On se glisse à la suite de Charlie au fond de cette jungle qui n’est pas sans faire penser un peu aux Morlocks de Wells dans sa Machine à remonter le temps  mais évidemment en beaucoup plus riche en particulier sur le plan fantastique et romanesque. On retrouve avec plaisir le talent qui n’a pas vieilli des deux auteurs pour un album qui se lit, se relit avec plaisir. A redécouvrir absolument. Les Kerascoët sont Grand Boum 2025.

Quand le père Montsouris rejoint  dans une grotte les spéléologues qui se sont aventurés sur les traces de Constantin présumé disparu, il est en colère car l’orage menace et ils sont en danger. Avec eux la sœur de Constantin, Charlie. Pris au piège par les eaux ils ne peuvent que tenter de fuir par des passages inconnus. Commence alors pour les six équipiers une errance guidée par l’espoir. Des fresques millénaires s’offrent à leurs yeux et la thèse de Constantin prend forme. Des hommes de Néandertal se seraient réfugiés sous terre, auraient plus ou moins muté au point de faire naître la notion de diables et d’enfer. Les rescapés tombent dans un gigantesque cimetière et débouchent dans une immense ville souterraine peuplée d’araignées et des humains tout blancs. Ultima Thulé est le nom de la cité. Constantin est passé par là. Mais un membre de l’expédition, Legoff,  personnage clé, devient fou et fait exploser les lieux.

Une aventure très déconcertante mais prenante, avec un héroïne qui est la clé de tout ce qui va arriver dans cette découverte d’un nouveau monde dont les couleurs sont superbes. Le récit a inspiré les Kerascoët, on ne peut que le voir, par sa diversité et son extravagance. On y ajoute une part féérique à ces démons qui ont encore de l’humain en eux. De belles émotions apportent un contour parfait à un ensemble hors normes qui avait autrefois vu le jour à ses débuts chez Dargaud pour la première partie de l’album.

Satanie, 128 pages, Métamorphose Soleil, 23,75 €

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