Kennedy[s], une saga mythique unique

Le nom à lui seul seul est mythique et éveille l’attention de n’importe qui. Kennedy c’est surtout la mort de John président à Dallas. Mais Kennedy c’est aussi une réussite comme seuls les USA pouvaient en permettre au XIXe siècle à des migrants qui voulaient échapper à la misère qui régnait en Europe. L’Irlande catholique a vu naître les Kennedy qui ne renieront jamais leurs origines. De 1823 à nos jours où encore un Kennedy est aux côtés de Trump ils vont créer une fortune colossale par des moyens plus que limite qui leur permettra de dominer en direct ou en sous-main la vie politique. Kennedy[s] raconte leur histoire dans le moindre détail. Philippe Pelaez est aux commandes de cette somme remarquable dont il a écrit le scénario. Un travail énorme, un pavé de poids dans tous les sens du terme qu’il vaut mieux lire en l’appuyant sur un bureau pour mieux tourner les pages au nombre de 500. Au dessin Bernard Khattou qui marque bien le physique des personnages fait revivre tous les évènements qui ont marqué la saga des Kennedy et en particulier les lendemains hasardeux à Dallas de l’enquête sur l’assassinat du 22 novembre 1963. Où est la vérité ? Aujourd’hui encore on peut poser la question mais aussi découvrir que la maître du clan a été Joseph. P. Kennedy, « Joe », capable de tout pour assurer aux siens richesse et gloire. Et dont trois des fils mourront de mort violente, guerre ou assassinats.

Le drame des Kennedy sera Rosemary, fille de Joseph, handicapée mentale à la suite d’une lobotomie. On la dissimulera longtemps car cela pouvait nuire à l’entrée en politique de ses frères. 1932 Franklin Roosevelt se prépare aux présidentielles avec Louis Howe son conseiller. Il a besoin de l’argent de Joe Kennedy qu’il n’aime pas. Et en prime des journaux de son ami Randolph Hearst. Howe commence à raconter comment les Kennedy sont arrivé aux USA, mort de faims avec les Irlandais qui émigraient. 1850 il y a Patrick Kennedy grand-père de Joe qui lui voulait tenter l’aventure. Il ira vite mais meurt jeune. Sa veuve prend le relais et son fils Patrick Joseph aussi. Un bar d’abord, le whisky Haig and Haig qu’il importe il créé un premier réseau politique avec la diaspora irlandaise, un efficace. Il accède à la chambre des représentants du Massachusetts, fonde une banque. Le petit Joe tourne autour de sa future femme, Rose fille du maire de Boston Fitzgerald. Rose va devenir une autre figure Kennedy, la mère de John. Il a du caractère Joe et il est à Harvard, commence ses magouilles. Rose et Joe se marient, Joseph Patrick Junior nait en 1915. Son père décide qu’il fera tout pour qu’il soit un jour président des Etats-Unis. John (Jack son véritable prénom) arrive ensuite, petite santé. Rosemary vient ensuite et son accouchement réalisé par un médecin borné explique la suite. Joe s’intéresse au cinéma (ce qui lui donnera plus tard des maîtresses aux noms célèbres, échappe à un attentat à New-York. Il gagne une fortune en manipulant le marché des valeurs mais Rose le quitte après que la famille se soit agrandit. Trafic d’alcool car c’est la prohibition. Il élève ses garçons en futur vainqueurs, ne passe sur rien. Il achète la FBO qui gère la plupart des sociétés de cinéma depuis New York. Joe et Jack s’affrontent mais le dur c’est l’ainé.

Joe sera l’amant de Gloria Swanson, va magouiller avec la mafia, s’enrichit, aplanit tous les obstacles pour que ses enfant réussissent. John prendra le relais de Joe Junior abattu au commandes d’un bombardier pendant la guerre. John échappera de peu à la mort coulé avec son patrouilleur de la Navy, le PT 109, dans le Pacifique. Un siècle de Kennedy et ce n’est pas fini. Le fils de John Kennedy, John-John, héros de la célèbre photo dans le bureau de la maison Blanche meurt dans un accident d’avion. Caroline sa fille était encore ambassadrice des USA en 2024. Tout amène encore une fois dans ce recueil à John, à sa mort, aux circonstances, au rapport Warren qui cautionne le tueur solitaire Oswald. La légende Kennedy est incomparable et impossible à occulter. Pellaez a signé une oeuvre importante. Le 22 novembre 1963 un petit garçon apprend en Allemagne en direct la mort de Kennedy à la télévision et en sera marqué comme bien d’autres, comme ses camarades de classe américains pensionnaires à qui il annonce le meurtre le lendemain matin. Pas d’internet à l’époque. Ils ne le croient pas. Et pourtant j’avais bien entendu et compris.

Kennedy[s], 510 pages, Glénat, 38 €

Robert F. Kennedy
Le numéro spécial de Newsweek daté de juin 1968 sur la mort de Bob Kennedy. Coll JLT ®
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