
Après Spirou Le Trésor d’El Inferno avec Tarrin, Lewis Trondheim se lance dans la fantaisie fantastique appuyée par le très bon dessin réaliste et rétro en diable de Biancarelli. Le duo a signé aussi un bon polar, Karmela Krimm beaucoup plus classique mais atypique. Cette fois ils vont faire un tour à New York, à Greenwitch village, quartier bobo et artiste de Big Apple. D’où jeu de mot pour le titre Green Witch Village, en bon français la sorcière verte comme le géant. On dira qu’Audrey Hepburn est joliment ressuscitée dans le rôle titre de Tabatha (prénom de la fille de Ma sorcière bien aimée dans la série au nez qui bouge). Elle va se payer un retour vers le passé sans y croire, être flanqué d’un blonde actrice de second plan à la Marilyn dans cet hommage volontaire très abouti aux comics US des années 40 à 60. Un clin d’oeil, tous les personnages traversent la rue sur la couverture de l’album qui rend hommage au disque des Beatles, non ?

Réveil d’un belle brune à New York dans les années 50. Elle aurait eu un malaise, se nomme Tabatha et ne se souvient de rien. A son chevet ses deux co-locataires Erika et Gwen. Tabatha s’imagine dans une caméra cachée sauf que tout est bien réel. 1959 pour Tabatha Sands et qui doit aller travailler. Sa copine fait des castings et dans les rues Tabatha qui vient de 2025 se croit dans un film d’époque. Winnie est l’agent d’Erika, un sale type macho à l’image des mecs en 1959. Tout est permis ce qui choque Tabatha plus du tout habitué au machisme latent. Sur le tournage Tabatha fait flasher le réalisateur qui la veut dans son casting. Winnie veut la cornaquer mais Tabatha le traite de porc abject. Sur les quais on se flingue à tour de Colt. Tabatha va être l’égérie du quartier de Greenwitch en perruque rousse, gentille sorcière. Tabatha aimerait se faire livrer des sushis, ce qui n’existe pas. Elle va voir une voyante dont la tante a un malaise en la voyant. Elle a compris qu’il y a problème car elle voit un ectoplasme aux côtés de Tabatha. Ses repères sont encore ceux de 2025, Instagram ou autre. Son manager est odieux. Déguisée en sorcière elle arpente New York, va dans des soirées. Elle est approchée par un agent de la CIA qui lui demande de se laisser draguer par un type soupçonné d’être un agent russe.

On dira avec sympathie que c’est à partir de là que les aventures de Tabatha partent en vrille. Certes ses connaissances du futur sont amusantes, nécessaires mais auraient pu être utilisées dans un autre contexte qu’une affaire d’espionnage et une bombe atomique perdue dans la nature. La reconstitution de la ville est très fidèle pour ceux qui la connaissent bien. L’ectoplasme lui aussi joue les utilités. Histoires de fric, cauchemars, des nazis revanchards, tout se complique avec un Mortimer roux barbu et le fin mot de l’histoire, mais là on se tait. Pourquoi la belle brune est-elle là ? Avec la plupart des ingrédients le résultat aurait pu être plus amusant, à la Billy Wilder par exemple. Point trop n’en faut dans un scénario même pour le plaisir. Quant à trimballer un bombe A ou H dans un ascenseur, on passe. Biancarelli excelle comme d’habitude. Très bon découpage rétro lui aussi.
Green Witch Village, 104 pages, Le Lombard, 21,95 €

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