
C’est l’un des généraux les plus iconiques de la seconde guerre mondiale. Tête de mule mais brillant stratège, George S. Patton, avec sa paire de Colt à crosse de nacre, a eu un destin à la mesure de son caractère. Et une mort stupide dans un accident de voiture juste après la capitulation. Si Eisenhower l’avait laissé faire Berlin serait tombé entre les mains US et non Russes, mais le deal était autre. Jean-Pierre Pécau au scénario dans la collection Les Maîtres de guerre et Mauro Salvatori au dessin en signe un portrait très précis en particulier face à Montgomery qu’il détestait. On se souvient du film Patton qui suggérait qu’il avait été peut-être assassiné. Rien ne le prouve et pourquoi ? On peut rapprocher Patton mais côté Pacifique de Douglas MacArthur qui lui aurait bien atomisé la Corée. Même profil.

Prendre Berlin, tuer Hitler, il en rêve Patton sauf qu’il va y avoir l’offensive allemande dans les Ardennes, dernier coup de dé des généraux de la Wehrmacht pour reprendre Anvers et détruire les forces alliés. Décembre 1944, Bradley ne se doute de rien quand arrive les panzer. Patton a prévu le coup, débarque chez Ike et n’est pas contre une offensive allemande qui permettrait de détruire le potentiel ennemi restant. Patton fait manoeuvrer vitesse record sa 3e Armée en 24h. En Tunisie Patton a déjà sauvé Ike. Mise en place immédiate de la 3e Armée. Il lui faut du beau temps, écrit une prière qu’il fait distribuer. On tente de le tuer avec un commando de SS déguisés en soldats US, une idée de Skorzeny qui va semer la pagaille. Bastogne, les soldats US encerclés dont la 101e Airborne refusent de se rendre. Patton fonce.

Il foncera aussi pour passer le Rhin le premier, doubler Monty. Rien ne j’arrête, quitte à flanquer des gifles à un GI’s qui a craqué. Patton le payera cher. Il sera écrasé de chagrin en libérant des camps de la mort. Il redoute Staline et verrait bien réarmer l’armée allemande pour contrer les soviétiques. Politiquement incorrect et surtout impossible de justifier des pertes US de plus pour Berlin. Patton s’était déjà battu dans les chars en France en 1917. Il était incomparable et indomptable. Une bonne biographie rédigée en fin d’album.
Les Maîtres de guerre-Patton, 60 pages, Delcourt, 16,50 €

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