Fort Alamo, deux mots mythiques, la résistance désespérée des Texans dans une vieille mission contre le très méchant général mexicain qui va faire un carnage. Pas de pitié et en février 1836 Fort Alamo est attaqué car les Mexicains veulent garder le Texas. Curieusement si Alamo est le Camerone des Français, de la Légion Etrangère, ce sera le même ennemi mexicain mais en avril 1863 pour d’autres raisons politiques dues à l’empereur Maximilien. Reste que Fort Alamo pour la plupart des gamins de toute une génération dans les années soixante, c’est Davy Crockett qui va aller s’y battre et y mourir. Avant John Wayne, pas mal non plus, ce sont les films de Disney qu’on allait voir au cinéma de quartier qui enflammaient les imaginations sans oublier le fusil à amorce de Davy reçu à Noël, voire sa toque à queue de castor. Avec Gabella au scénario on revisite le mythe avec sa part politique. Au dessin en duo Ronan Toulhoat et Paolo Martinello. Farid Ameur en a été le conseiller historique car rien n’est vraiment simple dans cette histoire épique.

Avril 1861 la guerre de Sécession commence. Le Nord contre le Sud dont le Texas qui en 1836 est la nouvelle terre promise. Le général Houston veut le Texas mexicain. Avec lui Bowie et Travis qui est affecté à Alamo et part avec des Santiagos. Le colonel Bowie arrive à Alamo, rencontre l’artilleur Dickinson. Alamo est le fort le mieux défendu du Sud. Houston aimerait en récupérer les canons. Ce sera non même si la position est intenable face à Santa Anna, général mexicain. Travis arrive aussi qui a une réputation comme Bowie assez limite. En février débarque Davy Crockett pas réélu au congrès avec ses volontaires trappeurs. Le Texas permet tous les rêves et Santa Anna qui a pris le pouvoir au Mexique rejette les accords passés, devenu un tyran sanguinaire. Bowie est le patron du fort. On ne s’attend pas que les Mexicains arrivent mais le 23 février la population se met à évacuer les lieux. L’armée de Santa Anna arrive plutôt que prévu sans que des renforts américains n’aient pu faire route. Désormais Fort Alamo est abandonné à son sort.

La suite, si ce n’est par le film Alamo avec John Wayne qui joue et réalise, Richard Widmark en Bowie (il donnera son nom à un modèle de couteau), on la connait. Pas de quartier, tous savent à quoi s’en tenir. Santa Anna veut faire un exemple avec ses troupes dix fois supérieures aux Texans. Duels d’artillerie, assauts des remparts, combat au corps à corps, on attendra en vain des secours qui ne viendront pas. Par moments on pense à Dien Bien Phu. Le Texas sera grâce à eux indépendant puis rejoindra l’Union. Le 13 mars 1836 reste un des jours de gloire de la jeune Amérique et Remember Alamo un cri de guerre. Farid Ameur signe l’indispensable dossier historique en fin d’album. A lire aussi Moses Rose la balade de l’Alamo (Grand Angle).
Fort Alamo, 56 pages, Glénat, 14,95 €

Articles similaires
A Fort Alamo en 1836 (voir le film Alamo avec John Wayne), tous les défenseurs…
On ne sait jamais tout sur les mythes. La preuve. Dominique Cerbelaud et Olivier Roche…
Avec sa bouille à passer partout, sa capote de toile (qui peut s'arracher par gros…
C'est devenu le mythe, le parcours initiatique obligé, les premiers pas vers une carrière haut…
Un voyage familial qui aurait dû être un modèle du genre, une balade dans une…
Les Jours heureux ont une fin. Au moins la très belle série de Warnauts et…
Un titre qui va réveiller des souvenir anciens, Les Fesses à Bardot ont fait le…
Un rendez-vous qui s'est imposé en quelques années, les 48H BD auront lieu les 1er…