Fan Man, homme ventilateur dans le texte, en français, et il y a de quoi car cette adaptation du roman du très dijoncté William Kotzwinkle décolle vent debout et décoiffe. Gaet’s est au scénario, Julien Monier au dessin, joyeux auteurs de RIP. Un espèce d’E.T tout droit sorti du flower power en 1970 mais new-yorkais qui aurait un brin (beaucoup) abusé du LSD, et oui mec, fallait pas car par moment on aurait tendance à décrocher mais il ne faut surtout pas car une fois sur le bateau on va au bout avec joie. Pas de l’acide mais de l’histoire. Il va nous raconter sa vie Horse Bardoties avec ses manies, assez cradingue mec mais charmant.

Une turne qui a tout d’un dépotoir, crade à souhait. Des fringues innommables et un serpent en plastique en cravate, on est dans le Lower Esat Side. Un lit qui a tout d’une fosse sceptique, en un mot une vraie poubelle mec. Horse Bardoties est un rêveur qui aime dormir, a une chapka, des piles de vaisselle, des cafards. Dans la rue il recrute « des poulettes pour la chorale de l’amour », mec. Un petit ventilateur électrique au Park (il en vend) et un concert à l’église Saint Nancy sur Bowery. Et les chanteuses mignonnes de préférence. Une journée typique de Bardoties qui fait rigoler les foules et a une allumette perpétuelle japonaise. Plus l’achat improbable du parasol d’un vendeur de hot-dog. Il erre le barbu, pétard aux lèvres et a sa chorale face à un pasteur incrédule. Une réussite la musique dirigée par Horse mais côté idylle c’est compliqué. Reste plus qu’à récupérer un bus jaune, se planter et piquer à bas prix un costume de luxe.

Il parle bien et vari Horse pour ce périple urbain dans Big Apple. Un incompris qui gère sa célébrité en douce, un philosophe en toute liberté image d’une époque révolue, d’un état d’esprit qui aimait le peace and love. Des illusions, il en a et se balade au gré de ses humeurs. Absurde mais pas tant que ça, le beatnik poète. On s’y attache mais c’est normal car il est sincère. Les couleurs, le dessin sont dans le ton, une symphonie finalement pour profiter de l’air du temps. Une ode au bonheur décomplexé.
Fan Man, Petit à Petit, 19,90 €

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