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Les Jours heureux, décolonisation

Warnauts et Raives poursuivent leur saga (Les Temps nouveaux, Après-guerre), celle de la Belgique des années quarante aux années soixante. On est en 1958, celle de l’Atomium de l’exposition universelle, de l’indépendance du Congo et bientôt de l’Algérie où la France mène sa guerre. La maîtrise à quatre mains de Warnauts et Raives, leur trait si prenant, leur sens intelligent du récit aux références précises font de ces Jours heureux un plaisir pour leurs lecteurs.

1958, la guerre semble loin tout en étant encore présente dans les esprits. Au Congo Belge Thomas décide de rentrer à Bruxelles pour voir une dernière fois Rose qui se meurt. Il va retrouver son vieux complice et ami le père Joseph. Et sa fille métisse Bernadette fait sa crise d’adolescente et s’engage aux côtés des indépendantistes algériens. Firmin et Thérèse se sont séparés. C’est Thérèse qui dirige l’hôtel qui a été le cadre de bien des aventures des héros. Lucie est rentrée d’Amérique. Pendant ce temps se joue une guerre ouverte en France entre police et FLN algérien que dénonce des journalistes comme Bénédicte qui va le payer cher. De Gaulle revient au pouvoir. Joseph renoue une liaison passionnée avec la belle Alice.

Les pièces de l’échiquier reprennent leur place où en changent dans ce premier tome. Il faut certes avoir en tête les passés des personnages comme dans toute bonne série. C’est important. On aime Alice que Thomas veut ramener en Afrique, et Bernadette, fougueuse et spontanée. Les Jours heureux se profilent dit Antoine son fiancé. A voir car, même si les trente glorieuses sont en marche, il y aura des dommages collatéraux énormes au début des années soixante, après l’indépendance de l’Algérie, la crise de Cuba, le mur de Berlin, le début du Vietnam, l’explosion du Congo belge, de Lumumba à Mobutu. Une saga romanesque et historique, politique même de haut vol.

Les Jours heureux, Tome 1, Le Lombard, 14,90 €

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