Une privée au petit bonheur la chance, une Anglaise un brin bougon mais qui a du coeur au ventre sans pour autant se lancer dans des tirades inutiles, Maggy Garrisson est sûrement la créature réaliste la plus accomplie et séduisante de l’univers de Lewis Trondheim. Elle fait dans le besogneux Maggy et ses affaires sont du domaine du quotidien, de l’arnaque ordinaire même si en arrière plan il y a du lourd et du mortel. Stéphane Oiry lui a donné un visage, un look un peu pataud qui lui va à merveille dans un Londres et banlieue tristounet à souhait.
Avec son air de pas y toucher, la réplique cinglante et le sourire pincé, Maggy est un personnage atypique qui mène sa barque depuis trois albums avec volonté et un flegme so british. Lewis Trondheim en a fait un vrai modèle du genre dans une ambiance à voir des corbeaux partout. Du noir bien distillé, dans la lignée du cinéma britannique des années Hitchcock ou quatre-vingt. On s’y attache à Maggy, on l’attend au tournant mais elle est implacable, talentueuse. Et souvent sentimentale. Du vrai Trondheim finalement.
Maggy Garrisson, T3 Je ne voulais pas que ça finisse comme ça, Dupuis, 14,50 €
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