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Strip-tease, expérience vécue

Un récit autobiographique étonnant, passionnant, émouvant. Le sujet qu’a choisi Emma Subiaco n’est pas simple. Pour avoir de l’argent pour ses études elle devient strip-teaseuse. Et cela devient le thème de son premier roman graphique, très abouti, vrai, sincère, un reportage en direct et sans tabous, images fausses d’un milieu souvent fantasmé mais où la réalité n’est pas vraiment la fête au quotidien. Emma Subiaco a un dessin au trait vif, objectif et enlevé. On ne peut que lui souhaiter un grand succès car elle a un réel potentiel de scénariste et de dessinatrice capable d’évoquer la plupart des sujets.

Quand elle découvre que son petit ami la trompe, elle le vire Camille. Du coup elle un flash et va se remettre en question. Mais les petites chattes domestiques ne deviennent pas des panthères comme on lui susurre. Elle quitte son cabinet d’architecte et se décide à devenir strip-teaseuse. Casting et Camille devient Élise. Pole dance, danses privées pour le plaisir des yeux mais pas des mains, faire boire le client, Camille passe à l’acte mais ce n’est pas facile. Linda qui a quelques heures de vol lui donne des conseils. Un premier jour pas terrible pour la débutante qui persiste va acheter des plate-formes, chaussures à hautes semelles pour mieux danser nue. Petit passage en famille, royaume des machos et d’une mère soumise. Pas question de leur dire qu’elle donne du glamour et du kitsch à ses clients. Fausses idées sur la femme qui fait du strip. Non elle n’est pas sous contrôle d’un mec et n’attend pas le chevalier blanc amoureux. Camille va même rencontrer une juge d’instruction qui fait des extras. Amanda la pro, traite Camille de yaourt nature et devient sa copine. Elle lui dévoile son passé.

Une réflexion douce-amère sur la vision péjorative que l’on a sur les strip-teaseuses. Emma Subiaco analyse mine de rien les à-priori d’une société où mêmes les femmes peuvent être finalement plus misogynes que les hommes. Un voyage avec ses hauts et ses bas, le mépris parfois, l’amitié et la solidarité. On reste bluffé par cet album d’une rare spontanéité. Emma Subiaco a fait du strip-tease pour payer à trente ans des études pour faire de la BD. Elle a bien fait.

Strip-tease, Éditions du Long Bec, 20 €

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