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Merry Men, Stevenson à l’école des phares

Une passion, une vocation et comment il en est arrivé à sacrifier ce qui aurait pu être une vie bien cadrée sur l’autel de l’écriture, Merry Men raconte les débuts de Robert Louis Stevenson, rejeton d’une dynastie de bâtisseurs géniaux, quoiqu’il en soit, de phares. Et oui, un destin ne tient pas parfois à grand chose. Phares ou L’Île au trésor, Docteur Jekyll, la balade dans les Cévennes avec son âne, il n’y a pas photo mais Stevenson a mis un certain temps avant de pouvoir affirmer ses choix, malade depuis l’enfance. se décider. C’est ce que raconte cet album de Chanouga inspiré d’ailleurs de The Merry Men de Stevenson. De belles images, un souffle à la fois épique et poétique pour ces souvenirs d’une jeunesse écossaise.

Edimbourg 1870, Robert Louis Stevenson est destiné à devenir ingénieur du Northern Lighthouse Board, la construction de phares sur la côte d’Écosse. On ne peut dire que cela le réjouisse. D’un santé fragile il est inscrit en Droit mais passe son temps dans les pubs et sa mère s’en aperçoit. Il est amoureux de Kate une prostituée ce qui est inacceptable dans sa famille. Son père l’envoie sur l’île d’Erraid où se construit un phare sur le rock de Dhu Heartach. Deux mois sans pouvoir revenir pour observer et apprendre son futur métier. Un voyage qui lui permet de rêver sur le navire et se retrouver dans un lieu qui l’inspirera plus tard. Robert découvre que l’île dégage de bizarres vibrations. Il prend aussi conscience de la difficulté à construire un phare, la précision, le défi technique pour qu’il résiste aux flots déchainés.

Légendes, naufrages, solitude, c’est la voix de Stevenson qui scande le récit où se mélange réalité et fantasmes, amour et folie. Pilleur d’épaves, trésor mythique, Stevenson est confronté à des faits qui vont nourrir son imaginaire et ses fantômes. Chanouga mélange les thèmes et donne à Stevenson sa raison de vivre désormais consciente, affirmée. Un dossier sur les phares termine l’album qui est une superbe ode à la création qu’elle soit de pierres avec les phares ou les mots avec la littérature, l’imaginaire. Un esthétisme superbe des planches et des ambiances.

Merry Men, Souvenirs d’une jeunesse écossaise, Paquet, 20 €

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