Samir, un petit garçon victime innocente

Un petit garçon victime et témoin innocent dans un camp de réfugiés, Samir est signé par Aimée De Jongh. C’est une leçon de vie, de vérité sur laquelle on ferme les yeux, on parle de flux migratoire raisonné. Un thème prioritaire que la campagne électorale française évoque pour les présidentielles. Quel espoir pour ces migrants politiques mais aussi sociaux dont le départ ne déplait pas à leurs propres pays ? L’Algérie dictatoriale en est l’exemple même avec en prime une « culpabilité coloniale » pour la justifier. 

L’Île de Lesbos qui fait aussi la joie des touristes. Désormais le dernier endroit vers un possible entrée en Europe pour les migrants. Un couple de Français sur un ferry et un taxi. Lesbos est face à la Turquie mais des barbelés, un petit garçon enfermé qui vient de Syrie. Mieux vaut rester sur l’image touristique. Samir trimballe un jerrycan parmi les containers où habitent les gens dans aussi des baraques. Hind a un ballon de foot. Passe à Samir qui envoie le ballon qui s’accroche, percé au grillage. Il a intérêt à en trouver un autre. Mission difficile alors qu’un nouveau convoi s’installe. Ils ont le regard vide. Plus personne là où habitait Hind. Elle a obtenu un passeport. Un type qui se repose sur un lit lui trace un état des lieux de la situation. Il est là depuis quatre ans avec sa femme. En plus Hind est alaouite réputé proche de l’ancien régime syrien. Sa mère ne veut pas qu’il garde le ballon trouvé. Elle doit le cacher pour éviter que son père, Hasan, le trouve. Il fait la queue pour les repas. Samir jure qu’il n’a pas couru car ce qui inquiète son père est qu’il est cardiaque. Des réfugiés afghans arrivent pour partager leur box. Avec un bébé qui pleure tout le temps et une petite fille Lida. Les traducteurs des portables permettent d’établir le contact. Hasan était chauffeur de taxi, Mustafa  l’afghan instituteur. Hasan a un entretien prévu le lendemain.

Les deux enfants vont faire causer commune dans un univers qu’ils n’auraient jamais dû connaître comme tous les autres. Il y a des bénévoles européens courageux. Lida joue bien au foot, mieux que Samir mais leur amitié fait chaud au coeur malgré la tristesse que l’on ressent car Aimée De Jongh s’est inspirée d’histoires vraies. dans lesquelles on n’a pas tiré un trait sur la solidarité. Reste que nous sommes des spectateurs inertes aux idées souvent bien arrêtées alors que nous sommes en plein dans un monde qui va finir par exploser. Les flux migratoires vers le Nord seront aussi amplifiés par le réchauffement climatique. A quand des Européens bloqués par les frontières de la Finlande ou la Suède ? Un bon dossier pour mieux comprendre en fin d’album. Aimée De Jongh avait adapté Sa Majesté des mouches.

Samir, 176 pages, Dargaud, 23 €

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