Prix

Prix Asie de la Critique ACBD 2021 à Tomino la maudite de Suehiro Maruo

L’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée (ACBD) décerne le Prix Asie de la Critique ACBD 2021 au manga Tomino la maudite de Suehiro Maruo publié aux éditions Casterman. Ce prix distingue une bande dessinée asiatique remarquable parue en français entre juillet 2020 et juin 2021.

Voici le communiqué de l’ACBD : Abandonnés par leur mère lorsqu’ils étaient bébés, puis vendus par leur oncle, les jumeaux Miso et Shoyu trouvent un semblant de foyer dans un cirque qui va les promouvoir comme phénomènes de foire et leur donner leurs noms de scène : Tomino et Katan. Nous sommes dans le Tokyo des années 1930 et les enfants se trouvent plongés dans une société et un milieu qui réclament d’eux qu’ils grandissent vite, très vite. Car le cirque qui les a recueillis a besoin de monstres à exhiber, quitte à en fabriquer de toutes pièces.

Immense mangaka dont l’apport structure la production adulte de la bande dessinée japonaise depuis les années 1980, Suehiro Maruo se distingue en particulier par l’inscription de son œuvre au sein du genre de l’ero-guro (pour érotico grotesque). Tomino la maudite propose un récit cruel mais moins violent que ceux de la prime carrière de Maruo, et plus grotesque qu’érotique. L’ouvrage offre ainsi une porte d’entrée idéale dans l’œuvre de ce maître de l’horreur et du fantastique. Les grands motifs de l’auteur s’y retrouvent avec nuances et détails, dans une ample histoire courant sur deux gros volumes. Les questionnements sur ce qui fait l’humanité et la monstruosité, sur comment la première peut se défaire et la seconde minutieusement s’élaborer ou se dévoiler, s’y trouvent subtilement conduits et magnifiquement mis en dessin. Outre son atmosphère singulière, aussi dérangeante que fascinante, et sa peinture réaliste et passionnée des marges de la société japonaise, Tomino la maudite peut également compter sur une histoire haletante structurée autour du destin hors norme de deux orphelins qui font face à l’abandon, à l’exploitation et même à la guerre. Car Maruo étire le cadre de son récit jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, faisant d’une apocalypse collective l’horizon des destinées individuelles vibrantes.

Les quatre autres titres en compétition pour le Prix Asie de la Critique ACBD 2020 étaient :

  • L’Attente, de Keum Suk Gendry-Kim, éd. Futuropolis
  • L’Enfant ébranlé, de Tang Xiao, éd. Kana
  • Olympia Kyklos, de Mari Yamazaki, éd. Casterman
  • Pour le pire, de Taro Nogizaka, éd. Glénat

L’ACBD tient à conseiller l’ensemble de ces cinq mangas qui témoignent de la qualité et de la diversité de la bande dessinée asiatique.

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