Jeunesse

Picsou et les bit-coincoins, Balthazar contre Carsten

Il est avide de gros sous le richissime Balthazar Picsou de retour en BD. On ne se refait pas. Flanqué de son neveu Donal et des trois galopins astucieux Riri, Fifi, Loulou, Picsou a découvert que les bit-coins, la crypto monnaie, étaient une bonne affaire. Dans Picsou et les bit-coincoins on retrouve toute la famille (Daisy aussi qui semble avoir pris avec charme quelques années, non ?) avec grand plaisir dans un scénario de l’excellent Jul dont on sait tout le talent astucieux, la finesse d’esprit et sur un dessin de Keramidas toujours aussi spirituel, drôle et très efficace au trait acéré, bourré d’idées graphiques. On se souvient de la superbe expo à Montpellier Superino. Lewis Trondheim, avait redonné vie à juste raison à ce héros, l’avait réadaptée brillamment, avec un très bel humour et avec la complicité graphique de Nicolas Keramidas sur des couleurs superbes de Brigitte Findakly.

Un cri d’horreur poussé par Picsou, Donald vole à son secours. Il le trouve inanimé. Un jeune canard a fait fortune bousculant Picsou à la deuxième place des plus riches du monde. Carsten Duck a construit un empire en bousculant les vieilles habitudes et en se servant des cryptomonnaies. Géo Trouvetout qui vient de prendre un certain Filament (un fidèle des aventures de Donald que l’on connait bien) comme stagiaire, doit en savoir plus. Une leçon très précise et bien tournée (même pour les grands). Argent virtuel pas cher mais qui peut rapporter gros. Et Picsou y va gaiement et commence avec 200 dollars. En plus c’est Géo qui a tout appris à Carsten. Sur son île Positive Island, Carsten renforce ses magrets, accepte une interview pour Paris-Mouche. Il avoue contrairement à Picsou ne pas avoir de trésor caché puisque sa fortune est virtuelle. Fini les Crésus mais Picsou est entré dans la course. A moins que ces demeurés en col roulé de Rapetou n’interviennent. Alors que Picsou sur son explication (application) scrolle. Donald devient son directeur de communication.

On sent que Jul et Keramidas se sont fait plaisir et nous avec eux. Picsou c’est une sorte de madeleine de Proust pour des générations. Il a été le héros d’un grand nombre de publications, de séries TV. Les neveux aussi s’en donnent à coeur joie sur Re-reel, Wififi ou Loo-look. Jul y va joyeusement. Le directeur de la prison est un poème. Keramidas assure la logistique sans faille. Un album qui est d’actualité, très sympa et décalé tout en gardant le cahier des charges Disney.

Picsou et les bit-coincoins, 48 pages, Glénat, 11,50 € la version classique et 17,50 € la version collector.

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