Pour ceux qui n’ont pas lu Hugo ou vu Notre-Dame-de Paris, on rappellera que la Cour des miracles a bien existé, sorte de zones (il y en avait plusieurs) de non-droit en plein Paris dès le Moyen-Age. Truands petits ou grands, miséreux, mendiants, voleurs, ils respectaient semble-t-il une hiérarchie dominée par un roi, leur roi. Dans le premier tome de La Cour des miracles par Stéphane Piatzszek et Julien Maffre au dessin, c’est Anacréon, le Grand Coërse, 84e du nom qui porte la couronne en même temps qu’un certain Louis XIV qui n’aime pas vraiment la concurrence. Un monde de feu et de sang, d’entourloupes et de trahisons qui finissent mal, le thème est séduisant et est traité de façon très enlevée.
Une bonne intrigue comme on dit, au rythme bien soutenu, du spectacle, des détails, une ambiance sombre et propre à tous les complots, on est dans un monde d’exclusion mais aussi de puissance secrète, de rapports tortueux. Il y a des personnages étonnants au rôle surprenant, Molière, l’acteur Tiberio qui joue Scaramouche. Et Louis XIV en personne encore plus machiavélique que Anacréon qui pourtant se rapproche de la roue sur laquelle on brise les os. Julien Maffre (Stern) s’est glissé avec brio dans cette Cour des miracles qui commence très fort et on l’espère gardera sa force.
La Cour des miracles, Tome 1/5, Anacréon roi des gueux, Soleil Quadrants, 15,50 €
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