L’Art du crime T5, règlement de compte à Sierra Verde

Direction Hollywood à la fin des années trente pour ce cinquième tome de la très bonne série dirigée par Olivier Berlion et Marc Omeyer, L’Art du crime. Chaque art majeur a droit à son cadavre mais il y a bien sûr une ligne directrice, un fil rouge qui relie les albums depuis le premier et dont on ne saura le dénouement que dans le dernier tome. Le cinéma sert de cadre à cette affaire, Le Rêve de Curtis Lowell,  qui va mettre en scène un dessinateur à succès auteur d’une BD qui sera peut-être la clé du mystère. Karl T. est au dessin. On lui doit Thérèse, dragon. Un trait toujours net, précis et d’un réalisme puissant. Olivier Berlion sera à la Comédie du Livre à Montpellier en mai prochain.

L'Art du crimeArt et Franck Blumenfeld tournent un film en 1939 quand ils découvrent dans le journal un strip signé par Curtis Lowell. Difficile à croire car pour eux Lowell est mort. Franck va se charger d’en savoir plus. Ils se souviennent un an plus tôt du tournage d’un western en Arizona. Franck s’était chargé des relations avec les Indiens indispensables pour avoir des chevaux dressés. Sur le tournage Curtiss Lowell a été embauché par Art pour faire des aquarelles des décors naturels. Mais les Indiens détestent Franck. Curtis tombe amoureux d’une jeune Indienne alors que des chevaux sont blessés pendant le tournage. Une scène risquée avec une diligence va mal tourner. Art pousse dans un ravin l’Indien en charge des chevaux et Curtis est témoin de la scène. Franck va achever le blessé et agresser Curtis.

Que va devenir Curtis ? Vivant ou mort, seul témoin du meurtre, sa BD La Piste de Mesa Verde est pourtant un succès et apparait alors que ses bourreaux le croit enterré. Il faut laisser planer le mystère sur l’intrigue de ce cinquième album qui permet de raccrocher les wagons. Kart T. a pris pour modèles de ses personnages, sauf erreur, Brad Pitt et Orson Welles. Une ambiance bien noire et au scénario tordu à souhait. On est un peu dans les polars de la même époque. Olivier Berlion et Marc Omeyer déroulent leur toile avec une diabolique maîtrise.

L’Art du crime, T5 – Le Rêve de Curtiss Lowell, Glénat, 13, 90 €

Le rêve de Curtiss Lowell
Karl T. ®