Elle nous a quitté centenaire et n’aura pas vu ce tome 4 qui cette fois raconte son rôle important pendant la libération de Paris en août 1944. Madeleine Riffaud a été une résistante parisienne qui s’est battue armes à la main, arrêtée par la Milice, torturée, condamnée. Elle échappe à la déportation, elle saute du train. Arrêtée de nouveau elle fera partie d’un échange de prisonniers le 19 août grâce au consul de Suède Nordling. Immédiatement elle repart se battre avec les FTP (Francs Tireurs Partisans d’obédience communiste). On est le 24 août 1944, Madeleine, résistante n’a pas fini ses combats. On ne peut que répéter combien Madeleine aura été un personnage d’exception, une volonté de fer, humaniste cependant qui a mis ses idées au bout de sa mitraillette. Avec les trois premiers tomes, Jean-David Morvan qui les a scénarisé avec Madeleine a fait un travail remarquable incontournable. Dominique Bertail avec son dessin et ses bleus apporte un talent qui flirte avec l’excellence. Madeleine a si l’on peut dire a fait le reste. Le succès de cette saga est mérité et qui plus fait acte de mémoire de façon incomparable, voire unique en ces temps incertains où les extrêmes montrent les dents. Chaban-Delmas, Rol Tanguy, le colonel Fabien, il ne faut oublier non plus qu’il y avait un enjeu français très politique à libérer Paris. De Gaulle envoie Leclerc avec la DB reprendre les choses en main afin que les communistes ne tentent pas de prendre le pouvoir. De Gaulle le 26 descend à pied les Champs Elysées.
Mairie du 14e arrondissement, le 24 août 1944, on tire, une enfant est blessée, Madeleine et ses camarades sont réveillés en sursaut. Des Miliciens ont ouvert le feu depuis les toits. Rainer (nom de code de Madeleine) donne l’ordre de les poursuivre. Chasse à l’homme et un sniper abattu. Un autre Milicien est fait prisonnier. La foule veut le lyncher. Madeleine ne peut le sauver. Elle le fait fusiller par ses hommes et s’en voudra de ne pas avoir trouvé de solution. Elle prend position sur le pont de la Petite Ceinture avec ses camarades pour tirer sur les Allemands qui évacuent Paris. On vient la chercher sur ordre de Rol Tanguy patron des FTP. Direction les bunkers sous-terrains construits avant la guerre où il a installé son PC. Rainer est peut-être la solution à son problème. Il a signé son brevet de lieutenant et veut qu’elle abatte un traitre mais il faut traverser Paris et le bois de Vincennes tenu par les SS. Une arme scotchée dans le dos, à vélo avec un autre résistant, elle tombe sur un garde champêtre qui les prend pour des amoureux. Froide et têtue Madeleine, elle passe les barrages et arrive au QG de celui qu’elle doit abattre. Il porte un brassard tricolore. Elle le piège et lui tire une balle dans la tête. Il y aura une enquête après-guerre. Elle ne dira jamais son nom. Elle sera un des anges exterminateur, surnom donné par les Anglais à ces exécuteurs. Elle sera décorée de la Croix de guerre avec palme. Par les catacombes elle circule sous Paris, avec le souvenir de ceux qu’elle a tué. Une pause et elle est évacuée en fourgon de police, retrouve sa Sten et va sur une barricade rue du Faubourg du Temple pour relever des hommes exténués. La jeune Lucette veut savoir ce qu’a fait de tirer sur un « boche ». Peur lui répond Madeleine.
Et ce n’est pas fini car les jours vont être longs pour les FTP et les FFI avant que les chars de la 2e DB, l’escadron de la Nueve composé de Républicains espagnols ne rentrent dans Paris. Patton lui souhaitait contourner la ville sans perdre de temps, l’encercler et on verrait après. Combats de rues, Paris ne sera pas détruite comme Hitler le voulait. Le général allemand Von Choltitz en fait sera plus empêché de le faire par les circonstances que par grandeur d’âme. Manque de moyens et de temps. Il signera la capitulation avec Leclerc puis Tanguy vexé de voir que les Gaullistes ont pris la main. On est en première ligne grâce au découpage, au travail de Bertail et Morvan. On règle encore les comptes, résistants de la dernière heure. Sammy Davis Junior futur crooner la photographie. Madeleine s’endort sur un banc de la gare du Nord. Elle a écrit des poèmes de belles tenues. Aragon, Elsa Triolet, Eluard lui prédit qu’elle va être grand reporter mais restera toujours une petite fille. Un tome 4 tout aussi brillant que les précédents. On attend la suite en Indochine et en Algérie.
Madeleine, résistante T4, l’ange exterminateur, 128 pages, Dupuis, 25 €
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