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Des Corbeaux avec des drames et des sorcières

Un hasard certes mais amusant, deux albums où les corbeaux, oiseaux de mauvaise augure sont dans le titre. Macrales et Corbeaux de Ghi et Ce que les Corbeaux nous laissent de Sophie Leullier sont donc dans les bacs. Intéressant aussi de remarquer que les ambiances ont des points communs, paysages enneigé, sorts, malédiction et autres sorcelleries qui au demeurant font de ces deux albums d’excellents moments de lecture, bien écrits et dessinés.

On commence par deux curés en soutane qui fuient devant les Révolutionnaires de 1794. On est en Wallonie et l’anti-cléricalisme s’officialise. Mais Macrales et Corbeaux ce sont aussi les sorcières qui sont aux trousses des Frères Antoine et Martin, des prêtres réfractaires qui se sont rejoints . Les Macrales, les sorcières sont très intéressées par ce qu’ils sont venus faire dans la forêt enneigée. Elles ont aussi un compte à régler avec Martin qui a tué l’une d’elles. Le Frère Martin, barbu et armé d’un fusil n’a pas d’états d’âme. Sa mission c’est se servir de la carte que lui a apportée Antoine en plus d’un sac et qui devraient les conduire aux reliques d’un saint. Antoine sait que les sorcières brûlées régulièrement par l’Église ne sont pas tendres et comme en plus la Révolution bouffe du curé, elles ont le vent en poupe. Les corbeaux pistent les deux hommes pour les Macrales. Vont-ils trouver la chasse qui contient les restes de Saint Lupicin ? A voir. Un drame bien ficelé et un dessin qui par moment a du Larcenet époque Retour à la terre, et oui. Ghi a un beau coup de crayon et un sens de la narration pertinent. On va le suivre de près.

Macrales et Corbeaux, Éditions Glénat, 20,50 €

Direction les terres normandes au IXe siècle avec Ce que les corbeaux nous laissent. On pille, on tue et on accuse une sorcière qui viendrait du Nord, on la maudit. Galswinthe aura deux fils, Aldarik et Tarik. Qui un soir disparait. Un vol de corbeaux entoure Galswinthe qui le cherche. Quand son frère le trouve il est entre les mains de pillards. Il se bat avec eux mais il est tué. C’est son fantôme qui ramène Tarik à sa mère avant de disparaître. Tarik ne comprend pas qu’il est mort et va grandir en se sentant coupable tout en voulant se venger. Alcool, coups tordus,Tarik sombre et croule sous les dettes. Le fantôme revient et l’obsède. Il va vouloir le guider dans le royaume des morts. Sa mère Galswinthe a une aventure avec Édith. En fait c’est la malédiction dont est victime Galswinthe qui a tué Aldarik. Pour un premier roman graphique Sophie Leullier, signe un conte dramatique, fantastique, fort et aux superbes couleurs qui conforte son récit pour raconter les différentes phases d’un deuil.

Ce que les corbeaux nous laissent, Éditions Dupuis, 19,90 €

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