Si il fallait emporter avec soi, en vacances, un seul album, ce serait ce Lucy né sous la plume de Patrick Norbert et les pinceaux, pour simplifier, de Liberatore. Qui est Lucy ? Notre ancêtre commun, une australopithèque dont les restes ont été trouvés en Éthiopie dans les années soixante-dix. Pourquoi donc s’intéresser à elle, lui redonner vie, montrer que, déjà, elle était un être sensé et sensible dans un environnement sans pitié ? Tout simplement parce que Lucy, c’est une histoire si humaine qu’on ne peut être que touché par son destin, celui que lui offrent les deux auteurs avec un talent, un brio et une émotion qui fait du bien dans le triste monde où nous vivons. Lucy in the sky with diamonds, c’est de l’espoir à l’état pur, celui comme le dit à juste titre Patrick Norbert dans sa préface « du rêve humain ».
La progression du récit est parfaite, sans failles. Cette fluidité est parfaitement rendue par le dessin de Liberatore d’une rare expressivité. On comprend que c’est une sorte de flash-back que vit Lucy. Il y a des scènes qui feront date comme celle où après des papillons par milliers, Lucy est attaquée par un aigle géant. Son instinct de mère est impressionnant, tout à fait crédible. Tout dans cette histoire est possible. Une poésie certaine, de l’action, de la vie à l’état brut et donc de la survie, Lucy dont le nom vient bien sûr du titre des Beatles est un modèle, simple et généreux qui devient consciente. Liberatore signe un album remarquable avec un cahier final Génèse de ses esquisses et recherches.
Lucy, L’espoir, Éditions Glénat, 15 €
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