Ils auront été chacun dans leurs genres parmi les pires créatures jamais engendrées par l’humanité. Staline et Hitler étaient des criminels psychopathes comme le montre ce premier tome du Choc des Tyrans, mot un peu ambigu. Un tyran désigne dans l’Antiquité grecque un individu disposant d’un pouvoir absolu, après s’en être emparé de façon illégitime, en général par la force. Ce qui n’a pas été le cas d’Hitler en 1933 même si évidemment il s’en est donné à coeur joie par la suite. Staline lui a pris le pouvoir certes en éliminant ses adversaires, voire ses compagnons de lutte mais avec le parti communiste à sa botte. Comme le montre cet excellent album qui rentre dans des détails méconnus, des procès de Moscou à la Grande Terreur, des famines planifiées aux déportations massives, on parle aujourd’hui de 20 millions de victimes du Stalinisme. Hitler lui a passé la vitesse supérieure, de 50 à 60 millions de morts civils et militaires. Le tout en même temps pour les deux grands monstres de l’Histoire du XXe siècle. Hitler-Staline, le choc des tyrans est au départ un documentaire réalisé et écrit de Michaël Prazan. Le montage est de Yvan Gaillard et la voix off celle de Philippe Torreton. Pour la BD on retrouve Michaël Prazan, Gabriel Andrade au dessin. Une oeuvre dans son ensemble qui restera incontournable car elle dépasse la simple mémoire collective limitée et montre les nombreuses faces cachées oubliées ou méconnues de ces deux criminels inégalés.
22 juin 41, l’Allemagne envahit l’URSS son alliée théorique. Les Russes sont écrasés et Staline n’y croit pas. Il n’a pas écouté ses généraux qui avaient même prévu une attaque préventive. L’armée russe est faible en raison des purges de 1938 ordonnées par Staline. Staline pense même qu’Hitler n’est pas au courant de l’offensive. Sa fille Svetlana lui reproche d’avoir fait confiance à Hitler. En mai 1941 les Allemands sont reçus en grande pompe à Moscou. Dont Schellenberg patron des renseignements nazis. Churchill avait prévenu Staline qui pensait que le pacte germano-soviétique était sa plus grande ruse. Nommé chancelier en 1933 Hitler doit une partie de sa victoire aux communistes allemands qui ont voté pour lui. Mais il promet de les éliminer, Staline ensuite qui réunit ses proches. Hitler va occuper les démocraties et après tout pourquoi pas une alliance de Staline avec un alter ego comme Hitler ? Des origines politiques qui se recoupent. De Himmler à Goering, Bormann, Goebbels, Heydrich, tous travaillent sur un pouvoir intraitable et meurtrier. Pour Staline en 33 il y a aussi les compagnons de marche, Molotov, Khrouchtchev, Mikoyan et l’âme damnée Beria. Le goulag a ouvert ses grilles comme Dachau. Staline n’a pas lu Mein Kampft qui dit clairement que la Russie doit périr et être envahie. On envoie un émissaire à Berlin. Echec. Mais Hitler a une autre priorité, anéantir le pouvoir des Sections d’assaut de Röhm qui deviennent dangereuses pour lui. Hitler ordonne le massacre et la dissolution de la SA. Staline est admiratif et veut s’allier à lui.
On négocie, au passage on tue les émissaires qui échouent. Staline est quand même une cible pour Hitler. Un faux complot contre Staline et il fera le ménage dans son armée l’affaiblissant. Plus d’Armée Rouge mais la rivalité persiste. La suite est une succession de coups tordus sanglants. Munich en 38, on croit à la paix. Pas Hitler ni Staline qui lui pourtant sera à la table des vainqueurs en 1945 et mourra de sa belle mort en 1953. On aurait pu aussi parler de Franco, le plus malin, de Mussolini qu’on croisera dans les deux prochains tomes. Le dessin apport ebeaucoup au récit qui permet de bien replacer les choses dans leur contexte et permet des découvertes.
Le Choc des tyrans T1, 72 pages, Glénat, 16,50 €
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