Sacré Marcel, Pagnol bien sûr. On pensait avoir tout lu, tout vu de lui sans oublier les multiples adaptations BD sorties comme un lit de cèpes après la pluie. Erreur car Le Premier amour mis en images par Eric Stoffel et ce cher Jack Manini c’est bien du Pagnol mais alors très méconnu. Il a écrit ce scénario en 1934 et n’arrivera jamais à le porter à l’écran. Avec même Jouvet et Luis Mariano. Dire qu’on voit mal Jouvet en Neandertal ou Cromagnon est une évidence. Donc c’est la BD qui en a hérité. Pagnol a donc fait découvrir l’amour toujours par des hommes et femmes préhistoriques qui se compliquaient par vraiment la vie avant cette trouvaille qui allait révolutionner le monde pour le meilleur et parfois le pire.
Une météorite met le feu à la forêt. Le feu fait peur, chasse animaux et hommes préhistoriques. On est au commencement des premiers âges. Tigres à longues dents, lézards volants, la tribu s’en va loin du feu qui a mangé plusieurs guerriers. Ours est le chef et établit un camp près de l’eau. Les mammouths s’enfuient aussi. Quelques jours plus tard il y a la course du printemps. Un principe simple : les filles vont se cacher dans les collines. Les hommes les cherchent et prennent pour compagne la première trouvée. Mais il y en a une qui ne veut pas jouer, Petite Rouge car rousse. Elle part la première pour que personne ne la trouve. Tout se passe bien sauf que Sanglier attrape Petite Rouge et que Pâle n’est pas content, le menace. Il y a comme un faible entre lui et Petite Rousse. Il lui offre des fleurs et un collier (déjà). Va y avoir conseil des anciens car pas question qu’on joue solo, enfin, en duo par affinités.
Dès lors l’amour pas encore nommé et identifié va pointer le bout de son nez et rebattre les cartes. Il y a de l’humour dans cette escapade préhistorique au ton de Guerre du feu ou Rahan revisité. C’est très écrit et on a envie de trouver le texte. Le jeune couple aura un enfant, sa maisonnette caverne et surtout domestiquera le feu. C’est le début du grand tout et des ennuis futurs comme le prédit un vieux sage. Amour, sagesse et bonté, Pagnol a un regard angoissé sur le destin de l’humanité.
Le Premier Amour, Grand Angle, 16,90 €
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