On l’a dit il y a deux jours le Festival d’Angoulême 2026 a du plomb dans l’aile. Après les Grands Prix qui n’iront pas ce sont les éditeurs qui s’y mettent. Le Groupe Delcourt dénonce la dérive de la gouvernance et boycotte l’édition 2026. Dargaud, Dupuis, Le Lombard, Kana, Urban Comics, Casterman, Gallimard BD avaient fait savoir que les conditions n’étaient « plus réunies » pour participer, selon nos confrères de « Libération ». Mais Angoulême a quand même de fortes chances de se tenir, public et municipalité obligent. Annuler le Festival serait un coup dur énorme pour la ville. A moins que le public ne boude en raison des désistements d’auteurs. On en est là. La 53e édition, prévue du 29 janvier au 1er février 2026, est dans la tourmente. Prix des entrées, palmarès du Grand Prix, expos à la baisse qualitativement, gestion, les griefs sont nombreux et le délais de dix jours pour trouver une solution très court.

Le 12 novembre 2025 : Le Groupe Delcourt fait savoir qu’en l’état actuel des choses, il ne participera pas à l’édition 2026 du Festival international de la Bande Dessinée d’Angoulême qui n’est malheureusement plus, depuis quelques années, le rassemblement festif de toute une profession et des amoureux de la bande dessinée. Nous nous joignons aux auteurs et à nos confrères éditeurs pour dénoncer la mainmise opérée sur le Festival par la société organisatrice 9eArt + et son dirigeant, ainsi que la brutalité de leur gestion humaine. La responsabilité de l’Association du Festival, soutien sans faille de 9eArt+, ne saurait être sous-estimée. Seule une refonte radicale à tous les niveaux – structurel, humain et artistique – menée à bien dans les plus brefs délais avec le concours des pouvoirs publics, serait suscetible de préserver non seulement la prochaine édition, mais l’existence même du Festival, menacée par celles et ceux qui sont censés le faire vivre.
On y ajoute le communiqué du Syndicat national de l’édition :
Les éditeurs Bande Dessinée du Syndicat national de l’édition expriment leurs plus vives préoccupations à l’issue de l’annonce par le FIBD du nouvel organisateur du Festival international de la BD d’Angoulême pour 9 années à partir de 2028. Les éditeurs Bande Dessinée du Syndicat national de l’édition ont accueilli avec les plus grandes réserves la décision du FIBD de confier l’organisation du festival d’Angoulême, à partir de l’édition 2028, à une nouvelle structure intégrant un projet commun entre ceux proposés par 9 ème Art+ et la Cité de la BD, au terme d’un appel à projets dont le déroulement n’a cessé de les interpeler. A la lecture des communiqués du FIBD et des pouvoirs publics, ils comprennent également que Franck Bondoux n’occupera aucune fonction au sein de cette nouvelle structure et n’en sera pas actionnaire, sans que le fonctionnement précis de cette structure, ni le lien éventuel que Franck Bondoux et ses sociétés pourraient avoir avec elle, soient clarifiés. Sans grille de lecture satisfaisante, les éditeurs s’interrogent par ailleurs vivement sur les motivations qui ont conduit à cette décision d’association des projets de deux candidatures concurrentes.
Tout au long des nombreux mois et multiples discussions avec le FIBD pour l’obtention de cet appel à projets, les éditeurs n’ont eu de cesse de trouver une issue apaisée à la crise de confiance qui s’était installée entre l’organisateur du festival et ses partenaires, réaffirmant en cela l’attachement à cet événement majeur pour la BD qu’ils ont coconstruit pendant plus de 50 ans. Ils appelaient de leurs vœux un processus équitable, loyal et transparent. Force est de constater la totale opacité dans laquelle cet exercice s’est inscrit. Tout ce sur quoi le FIBD s’est
engagé au sein de l’ADBDA pour garantir l’exercice a été remis en question : la nomination d’une personnalité qualifiée finalement absente, la communication des critères de sélection finalement tenus secrets, jusqu’à l’audition limitée à 2 candidats contrevenant à leur propre règlement qui prévoyait d’en sélectionner 3 sur les 5 candidatures déposées. Or c’est avec des gages de transparence et d’équité que les éditeurs BD du Syndicat national de l’édition se sont engagés cet été à participer à l’édition 2026. Parce que le groupe BD a à cœur de respecter cet engagement et le travail précieux déjà fourni par les équipes de ses membres, il ne revient pas sur cette décision collective, dans le respect des positions individuelles que chacun exprimera. Le groupe BD s’inquiète néanmoins d’une édition qui sera indéniablement abimée par cette décision du FIBD, provoquant l’absence d’un nombre important d’autrices et d’auteurs, et conduisant les éditeurs à réduire leur présence avec des conséquences sur leur programmation et la satisfaction du public.
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