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L’Âge de déraison, un hymne à la vie

De l’humour, de la tendresse, de l’émotion et une saine vision des ans qui passent, ajoutent rides, cheveux blancs, bobos divers, et aussi départs inévitables de proches, d’êtres chers. L’Âge de déraison c’est être vieux, titre d’ailleurs du très bon périodique d’Antoine de Caunes que l’on recommande fortement. On va donc suivre Corinne qui flirte entre autres avec les 70 printemps mais se dit qu’après tout ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Alors elle fonce Corinne, retrouve par hasard ses copains de jeunesse, pas question de s’abandonner et d’attendre la faucheuse dans une maison de retraite. Un vrai hymne au bonheur jusqu’au bout qui fonctionne à merveille et qui fait du bien. Dounia Georgeon au scénario, Pascal M, au dessin et couleurs ont signé ce beau retour à la vie sans retenue.

Une grande fille en jeans, Corinne qui a des copains dans tous le quartier, se balade, sourit aux amoureux et tombe sur Marthe qu’elle n’a pas revue depuis plus de vingt ans. Elles se sont reconnues malgré les années ce qui est déjà un bon début. Coquette Corinne et un mari raplapla Gilles qui ne bouge pas de chez lui. Elle craque et part retrouver sa copine qui a rassemblé les amis d’autrefois. Apéro musclé, bilan, fille divorcée, ils sont vieux et gentiment cons, ils le savent comme le dit Denis. Vive le célibat qui devrait être reconnu comme une norme sociale. Corinne a 50 ans de mariage. Arrive le ravitaillement alcoolisé et on met les rocks, les slows des années 70. Toute la bande couche sur place. café, thé, Doliprane ? Corinne rentre chez elle, ira diner avec son mari au restaurant, habitude. Yoga, gym en plein air, elle joue va chez Marthe veuve d’Eric. Le coeur même fendu peut repartir. Depuis qu’elles se sont retrouvées Corinne va mieux.

Et la vie qui redémarre. Gilles et Eric étaient copains et on sent qu’il y avait un contentieux. Fille, petit-fils, manif pour la retraite, copine à l’hosto mais pour la bonne cause si l’on peut dire, pétard, quelle génération. Corinne fait son come back. Ce n’est pas compliqué, chronique douce sans prétention. Honnête et serein, un plaisir, tout est très bien vu.

L’Âge de déraison, Steinkis, 18 €

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