Deux hommes en guerre T2, manipulations

Politique, argent, puissance, corruption, Deux hommes en guerre balaye large dans ce tome 2 du diptyque signé par Desberg, Moniquet et dessiné d’un trait sans concession par Jef. Calife à la place du calife, ou président c’est du pareil au même. Il y a un prix souvent à payer et se faire manipuler n’est pas exclu. Un ancien de la DGSE devenu privé va faire cause commune avec un candidat aux plus hautes fonctions à qui il avait déjà sauvé la vie. Charles Weber va protéger Jacques Dufeutel et au passage refaire connaissance avec son propre passé. Du Desberg grand cru, bien balancé et noir à souhait.

Deux hommes en guerreIl se souvient qu’il aurait pu partir, jeune, avec Jeanne qui venait pourtant de se marier. Weber reste un brin nostalgique au moment où devant lui Dufeutel passe un deal pour compromettre la chargée de campagne de son concurrent à la présidence, Mathilde Mézague. La jeune femme assure à son patron qu’il est en tête des sondages mais elle a un passé qui la relie à Dufeutel. Au passage Weber est aussi victime d’un chantage sur les bases de ses nouvelles relations avec Jeanne, médecin, qu’il a retrouvée. Mais c’est mal connaître Weber qui va creuser et chercher la faille, le responsable. Avec Wanda, une des ses collaboratrices occultes il fouille chez Mézague. Ils sont piégés par les hommes du Voyeur qui travaille pour Farqc, celui qui a passé un deal avec Dufeutel. Dufeutel a un autre problème, la maladie orpheline de son fils. Weber remonte au plus haut des maffias de l’Est qui semblent vouloir jouer un rôle dans l’élection présidentielle française.

On monte en puissance dans ce tome 2 et Weber n’y va pas de main morte. Pas de sentiments d’un bord comme de l’autre. Politique sécuritaire, dérives totalitaires, on est dans une actualité tout à fait plausible. Voix off de Weber, échanges d’otages, et quelques cadavres en puissance. Les méchants dégustent mais il n’y a pas de vrais gentils. Le dessin de Jef est parfait pour cette intrigue à tiroir bien montée. Weber joue ses dernières cartes. A qui faire confiance dans des démocraties corrompues à la portée de régimes extrêmes ? Un exemple à méditer.

Deux Hommes en guerre, Tome 2, La trahison d’état, Le Lombard, 12,45 €

La trahison d'état