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La Montagne d’encre, la nature à l’état pur

On suit Nicolas Debon depuis, longtemps. On l’avait rencontré et déjà on avait titré, un dessinateur qui aime la nature. Il a signé L’Essai, Le Tour des Géants, L’Invention du vide et n’a jamais déçu. Il avait aussi sublimé un personnage par son sens inné de la narration et la qualité d’un dessin qui vrille au cœur. Marathon racontait l’exploit de ce marathonien, un « petit arabe » comme on dira, le 5 août 1928 aux J.O. d’Amsterdam, Ahmed Boughéra El Ouafi Français d’Algérie. Avec La Montagne d’encre c’est une balade au bout de son monde. On part avec lui sans textes de trop subjugué par les images, les dessins sous influence évidente japonaise. 

Dès son enfance Nicolas Debon avait la manie de dessiner les formes des choses. Il vieillit et publie mais ce n’est que tardivement au moins son personnage narrateur qu’il comprend la structure de la nature vraie. A peu près. Et se donne au moins cent ans pour en arriver à un degré de merveille. Et plus si affinités. Un voyage pour apprendre la nature du monde sur des cases larges qui passent des feuilles des arbres, au ciel et au pied de la montagne. Il le dit, il faut venir divertir son regard. Sans un mot au fil des saisons. Avoir la chance que la montagne se livre un instant.Sans Nom ressent la présence des choses invisibles. Et pendant onze ans se consacrera à l’études des pierres nées de la pluie et du vent, traversent les millénaires. L’invisible, l’imperceptible, on est embarqué contemplatif.

Philosophique ces images de Nicolas Debon, oui et nom, très maîtrisées et libres à la fois. Le Haïku japonais l’a inspiré et on retrouve au fil des pages le vide qui fascinait les peintres nippons. Une expérience unique avec aussi le shinto qui permet de rencontrer la caractère sacré de la nature. Se laisser porter, ne pas résister, La Montagne d’encre est un appel à la sérénité. Comme dit à juste titre,  Nicolas Debon prend le temps (luxe suprême de notre époque moderne) d’observer son environnement et de réfléchir sur sa propre existence. Un livre qui se lit et contemple à fois.

La Montagne d’encre, 176 pages, Dargaud, 24,50 €

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