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La Canne de Balzac, laide mais magique

Une aventure bien singulière cette Canne de Balzac, un récit inspiré de Delphine de Girardin. Ce brave Honoré aurait eu une canne laide mais magique en quelque sort. Canne oui, magique c’est une autre histoire mais on finit par y croire. PoPésie est au scénario, Léna Walrus au dessin. Tancrède le héros a un défaut majeur qui ne peut passer inaperçu, il est très beau. Ce qui lui ferme en fait beaucoup de portes. Humour et fantaisie mais politique aussi dans cette comédie humaine rocambolesque. Un dessin savoureux pour ce premier album de Léna.

Paris 1836, il ne fait pas bon d’être beau. Tancrède Dorimont le sait et sa logeuse apprend qu’une fois de plus on lui a refusé un emploi. Beau, jeune, Tancrède a rendez-vous avec Monsieur Poirceau et rencontre son majordome Samuel. Poirceau l’invite au bal de sa femme et lui dit qu’il a peut-être quelque chose pour lui. Bien accueilli au bal on le présente à l’épouse Poirceau, pas un cadeau mais il y a aussi la nièce, la très jolie Malvina Télissier qu’il fait danser et ils deviennent les rois de la soirée. Il se renseigne sur Madame Poirceau, sévère mais pas méchante avec qui il danse aussi. Sous le regard fourbe du petit Legrand complexé par sa taille, au coeur plein de haine. Il déteste les hommes plus grand que lui, même ceux de sa taille images de lui-même et il est aussi l’amant de Madame Poirceau. Le lendemain pour Tancrède c’est une fin de non-recevoir chez Poirceau. Son épouse a sévit se disant effarouchée par sa beauté. A l’Opéra Tancrède rencontre Samuel et dans une loge il voit une canne bizarre, monstrueuse, aux côtés de Balzac. Que Tancrède va croiser au parc. Il le questionne sur sa canne et trouve qu’il ferait un parfait héros de roman. Tancrède lui avoue qu’être laid ou invisible le comblerait.

Autant ne pas en dire plus car la clé de l’aventure est donc la canne que Balzac lui confie pour 15 jours et qui va offrir à Tancrède des possibilités inattendues. L’amour n’est pas exclu mais la beauté n’est pas tout. Louis Philippe est du voyage, Tancrède découvrira son opportunisme et des secrets forts monnayables. Comme lui dira Samuel rien n’est aussi dangereux qu’un premier succès. Tout bonheur est un piège que nous tend le destin. Philosophie en prime, un conte savoureux avec une girafe fort connue. Une anecdote qui est une fable et des faits réels, c’est ce que démontre le cahier final et rappelle aussi qui était Delphine de Girardin. Un album qui se révèle une très belle surprise.

La Canne de Balzac, 104 pages, Dargaud, 23,50 €

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