Voilà un trésor de la BD désormais protégé et loin des chèques avides des collectionneurs fanatiques. Grâce au succès d’un appel au don et au mécénat, la BnF a fait cette année l’acquisition des 77 planches originales de La Bête est morte ! dessinées par Calvo. Acte de résistance et oeuvre mémorielle, ce chef-d’oeuvre est exposé à partir du 11 octobre 2025 dans la Rotonde du musée de la BnF, en regard d’une sélection de pièces conservées dans différents départements. Cette présentation s’inscrit dans le cadre de la commémoration du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et est labellisée par la Mission Libération.
Comme le dit le communiqué c’est un monument de la bande dessinée. La Bête est morte ! La guerre mondiale chez les animaux est imagé par Edmond François Calvo (1892-1957), sur un scénario écrit conjointement par Victor Dancette (1900-1975), directeur des éditions Générale de Publicité (G.P.), et Jacques Zimmermann (1902-1951), Prix Albert Londres en 1939 ayant rejoint la France Libre à Alger en 1943. Publié en deux fascicules chez G.P., le premier « pendant le troisième mois de la Libération », le second en juin 1945, La Bête est morte ! transpose dans le règne animal le conflit, conté par la voix d’un écureuil vétéran s’adressant à ses petits-enfants. Conçu dans la clandestinité, ce récit de l’Histoire immédiate sous la forme d’une fable animalière est un acte de résistance doublé d’un témoignage pour les générations futures.
Les Allemands sont représentés en loups conduits par « le Grand Loup » (Hitler) et ses deux acolytes que sont le « Cochon décoré » (Göring) et le « Putois bavard » (Goebbels), les Italiens en hyènes, les Russes en ours blancs, les Anglais en dogs, les Américains en bisons… tandis que les Français forment un peuple bigarré composé de lapins, écureuils, grenouilles, cigognes. Opérations militaires et événements politiques sont exposés avec un fascinant sens du détail, tout comme la Résistance tant intérieure qu’extérieure et la vie quotidienne des civils (exode, rationnement, torture, exécutions, massacres). Enfin, La Bête est morte ! est la première bande dessinée à évoquer le sort des Juifs, dénonçant la déportation et les « “camps de la mort” d’où l’on ne vit jamais aucun revenir ».
La présentation au public de cette acquisition exceptionnelle est l’occasion d’éclairer chacune des planches exposées par des documents issus des collections de la BnF et témoignant des faits relatés : impressions clandestines ; archives de la Résistance (Jean Moulin, Germaine Tillion, Madeleine Jégouzo, Maurice Ténine), dont certaines exposées pour la première fois ; photographies (Henri Cartier-Bresson, Robert Capa) ; dessins d’artistes déportés (Jacques Lamy) ; enregistrements sonores, partitions et films d’époque ; documents de propagande (tracts, affiches)… Rapprochées des planches originales, toutes ces pièces démontrent combien l’oeuvre est documentée et fait acte de mémoire.
BnF 5 rue Vivienne 75002 Paris
Le mardi (nocturne) : 10 h – 20 h
Du mercredi au dimanche : 10 h – 18 h
Fermé le lundi et certains jours fériés (voir conditions sur bnf.fr)
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