La BD toute une histoire en images par Jacques Terpant pour Sainte-Enimie 2026 les 27 et 28 juin

Une réflexion illustrée et féminine de Jacques Terpant , une symphonie de dessins, de textes, qui sera présentée au Festival BD de Sainte-Enimie d’été Bulles de Burle les 27 et 28 juin 2026. Les lectrices nous parlent de BD, de ses évolutions et peut-être de sa disparition telle que nous la connaissons aujourd’hui. Constat complet de Terpant auteur entier souvent rencontrés pour des oeuvres toujours belles et pleines de sens. Voilà comment il ouvre le bal : « À partir des années vingt du vingtième siècle, le dessin figuratif allait sortir du monde de l’art et pour une longue période. Le mode d’expression le plus ancien, celui qui depuis les parois de la grotte Chauvet, tentait de représenter le monde, allait quasiment disparaître des galeries et des lieux consacrés à l’art contemporain… Pourtant, des artistes continuaient à interpréter ce qui les entourait, mais lorsque venait le moment de trouver une place à leur travail… Il n’y en avait plus. » Et essayez de découvrir quels ont été ses modèles célèbres pour en faire des lectrices.

Jacques Terpant
Jacques Terpant

Et Terpant de poursuivre : « Pour vivre, ils vont pousser la porte d’un refuge, la presse et l’édition… Oh, ce n’était pas là une destination rêvée, c’était pour beaucoup la quête d’un moyen de subsistance. Le dessin, le figuratif va dans cette période conquérir le monde du papier. Des affiches de films aux livres d’enfants, des livres de classe à l’encyclopédie des champignons, le dessin figuratif s’est trouvé un nouveau royaume. Certes, on est plus dans l’univers des Musées et des galeries d’art, on est descendu d’un étage, le figuratif est maintenant dans l’art populaire : la BD, la Bande dessinéeCette série d’illustrations féminines, cette exposition, c’est de ces années-là que ces liseuses nous parlent. D’un moment où le dessin dans ce refuge qu’il s’était taillé, était encore l’un des piliers de ce mode d’expression, même si on le sait, ce sont les bonnes histoires qui font les bons livres, les dessinateurs et leur travail avaient une place particulière. Lorsque ma génération arrive, pour un enfant des années soixante et soixante-dix qui dessine, le dessin, c’est la bande dessinée. Nous sommes la génération de la BD. Nous avions, enfant, commencé à lire les journaux pour la jeunesse : Spirou, Tintin, Vaillant devenu Pif. Lorsque nous rentrons au Collège, Goscinny a fait de Pilote le journal qui s’amuse à réfléchir : Gotlib y est une star, Giraud y devient Moebius, Fred, Druillet, inventent leur monde… »

Pilote l’OVNI : « Lorsque nous sommes au lycée, Pilote explose et devient l’Echo des savanes, puis sort Métal Hurlant…Lorsque nous finissons nos études, nous sommes dans Métal hurlant. Le dessin, c’est fini depuis Ingres, nous assène pourtant un prof principal qui n’a pas vu que le figuratif était ailleurs, dans un autre monde… Nous lui claquons la porte au nez et courrons avec enthousiasme vers notre avenir rempli de petits Mickeys prometteurs. Nos années de lecture d’enfance, d’adolescents, puis de jeunes gens avaient fait notre formation, les écoles n’avaient servi qu’à nous faire passer le temps nécessaire à un peu de maturité indispensable au dessin. »

P1 – Dès la première moitié du XXème siècle, quelques jeunes talents du dessin et de la peinture se mettent à l’ouvrage, celui de la BD, inspirés par les maîtres américains. Ils ont nom Raymond Poïvet, Paul Cuvelier Paul Gillon, Joseph Gillain …

P2 – Aux jeunes dessinateurs qui cherchent un boulot pour vivre, on montre ce que l’on publie venu d’Amérique, ces bandes dessinées faites par des artistes à la formation classique qui sont de grands dessinateurs : Harold Foster, Alex Raymond…

P3 – Ces auteurs qui débroussaillent ce nouveau monde, vont jeter les bases de ce qui sera l’illustration franco-belge qu’Hergé et les précurseurs avaient entamé, mais où le satirique dominait plutôt. Après les histoires illustrées, comme celles de Caroline, du génial Pierre Probst, les jeunes lecteurs passaient ensuite à la bande dessinée dans les journaux qui leurs étaient destinés…

P4 – Auteur important du journal Spirou, Maurice Tillieux devient l’un des modèles du dessinateur Yves Chaland star de Métal hurlant et du renouveau de la BD franco-belge. P5 – Autre vedette du journal Spirou, Will, l’immense dessinateur Belge de Tif et Tondu et de plus de 30 collections de BD. Derrière, viendra la génération qui va quasiment se penser dès le début comme auteur de bande dessinée : les Franquin, Peyo, Morris, Uderzo…

P5 – Autre vedette du journal Spirou, Will, l’immense dessinateur Belge de Tif et Tondu et de plus de 30 collections de BD. Derrière, viendra la génération qui va quasiment se penser dès le début comme auteur de bande dessinée : les Franquin, Peyo, Morris, Uderzo…

P6 – Lorsque la nouvelle génération arrive, pour un enfant des années soixante-dix qui dessine, le dessin, c’est la bande dessinée. Dans Pilote, « le journal qui s’amuse à réfléchir » selon Gosciny, d’autres dessinateurs arrivent du monde de la presse enfantine, ceux qui emmèneront la BD à l’âge adulte : Mandryka, Gotlib … Druillet.

P7 – A l’âge lycée, Pilote explose et devient l’Echo des savanes, puis sort Métal Hurlant… où explose Giraud qui devient Moebius, un monument de la BD du XXème siècle.

P8 – Métal Hurlant, journal culte des ados et pépinière de la BD fait éclore nombre d’auteurs référence ; ainsi, Corben apparaît … et va commencer à être publié en album.

« … Mais voilà, au vingt et unième siècle un monde nouveau arrivait où nous allions perdre toutes les batailles. Disparaître des affiches de cinéma, des livres scolaires, de chaque poste avancé qui avait été conquis. Une autre économie du livre venait avec la baisse des coûts de production pour fabriquer un ouvrage, la prochaine source d’épargne fut très vite le dessin, trop long, trop coûteux, on lui privilégia très vite la spontanéité du croquis, spontanéité et rapidité encouragée, par le fait que le poste n’est plus rémunéré… Alors comme il est sorti de son milieu d’origine au début du siècle précédent, le figuratif quitte aujourd’hui progressivement la place qu’il s’était faite dans l’art populaire. Et après tout, l’essence même des arts populaires, n’est pas de rester…Il y avait autrefois un musée des arts et traditions populaires à Paris, il dort désormais dans des caisses dans l’entrepôt du Mucem de Marseille.

Et si notre vraie parenté était plutôt la chanson. Comme la chanson n’est pas la grande musique, ni la grande poésie, la Bande dessinée, n’est pas la peinture, ni la littérature. Comme les chansons meurent avec ceux qui les ont écoutées et aimées, les Bandes dessinées disparaissent avec ceux qui les ont lues !

Ces dessins de lectrices, ont eu divers usages, affiches de salon du livre, illustrations dans des revues, ex-libris ou simple plaisir de dessiner, mais au fond pas d’autre volonté que de se souvenir encore un peu… et de vous aider à mieux suivre mon propos. Et l’Intelligence artificielle, que je n’évoquerai que de façon lapidaire en fin de cette réflexion, ne fera qu’accélérer cet hallali de la création humaine du dessin et de la couleur directe en BD. Mais ça, c’est une autre histoire qui risque de ne pas attendre aussi longtemps ! »

« Après tout qu’est-ce que l’ambition artistique ? sinon une petite et souvent vaine tentative de lutte contre la mort et l’oubli. » Jacques Terpant

P9 –Le dessin, c’est fini depuis Ingres, assène pourtant le prof principal qui n’a pas vu que le figuratif était ailleurs, dans un autre monde… Ils lui claquent la porte au nez et courent avec enthousiasme vers leur avenir rempli de petits Mickey prometteurs. Les lecteurs deviennent adultes et Métal Hurlant continue de tracer le sillon de la BD francobelge ; Chaland arrive …

P10 – L’immense Hugo Pratt sera lui, repéré par Pif, un autre journal référence pour la jeunesse. Vedette ensuite de la revue « A suivre » publiée chez Casterman, il ouvre une nouvelle vague qui traversera les décennies de lecteurs de BD qui veulent rencontrer des Auteurs.

P11 – Les maîtres de la BD franco-belge défileront d’un siècle à l’autre : André Juillard, auteur phare de la BD francophone historique, marquera par son talent cette période.

P12 – Après des débuts de coloriste à la gouache de la collection « Histoire des civilisations », Jean-Claude Mézières vit un épisode américain de cow-boy dans l’Utah qui lui permet de rencontrer le scénariste du siècle, Christin. Ils vont commettre la BD Valérian publiée dans Pilote, puis chez Dargaud pendant près de 50 ans pour finir au cinéma grâce à Luc Besson.

P13 – Jeff Jones, Wrigtson, Bodé … permettent à Futuropolis de s’installer comme maison d’édition alternative de Bande-dessinées dans les années 70 avec sa célèbre collection « 30X40 » qui magnifie le dessin. Fondée en 1974 par Étienne Robial et Florence Cestac, elle privilégie depuis l’origine la création d’auteur… et survit notamment, après sa reprise chez Gallimard, en co-éditant des BD avec les musées nationaux.

 

P14 – Avec les « Sept cavaliers », Jacques Terpant illustre parfaitement le lien inévitable que la BD se devait de faire avec le livre. L’œuvre de Jean Raspail est alors magnifiée par le dessin et la patte du scénariste. Une étape de plus pour ce genre littéraire à part entière qu’est devenue la BD franco-belge.

15 – FIN La mort … de la BD…ou plutôt d’une partie de cette BD, le figuratif, qui y trouva refuge.

 

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