En lisant Jeeves de Bollée et Béja au dessin on ne peut s’empêcher de penser à François Rivière et Floc’h (avec entre autres Le Rendez-vous de Seven Oakks). Un album à l’ambiance délicieusement so british, on découvre les aventures d’un valet de chambre d’après PG Wodehouse sur un trait ligne claire bien cerné et un scénario qui se savoure. Dans des décors grand luxe on pense aussi au film Arsenic et vieilles dentelles de Capra avec Cary Grant qui aurait fait un Bertie parfait. Un petit chef d’oeuvre d’humour anglais tout en finesse cet album qui montre une société où chaque chose ou sentiment essaye d’être à sa place. Et se doit de l’être. Jeeves intervient régulièrement dans les romans de P. G. Wodehouse.
Des pasteurs anglicans qui font des prêches fleuve, Bertie qui se laisse embarquer et dépasser par les évènements. Mais avec un flegme que Jeeves partage. Wodehouse est considéré comme l’un des plus grands auteurs humoristiques de langue anglaise et c’est vrai que son ironie est incisive en prime. On y ajoute un soupçon d’absurde et tout repose sur la qualité de l’écrit auquel le dessin a donné vie. On entend Bertie, Jeeves s’exprimer, parler et c’est en cela que l’album, l’adaptation du Grand Handicap du sermon qui a paru en 1922 est une réussite délectable dans le monde d’aujourd’hui qui n’a plus la moindre élégance, innée ou acquise. Sauf peut-être encore un peu dans les îles britanniques.
Jeeves, 80 pages dos toilé, Robinson, 20,99 €
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