Tu ne tueras point, des faits très divers

Des meurtres en série, comme si il en pleuvait avec des affaires qui ont défrayé la chronique, Tu ne tueras point est un condensé de l’émission de Christophe Hondelatte sur Europe 1. Au scénario adaptation de Jean-Louis Tripp qui a parfaitement maîtrisé textes et suspense, des dialogues incisifs. Au dessin et à la couleur Cyril Doisneau pour des ambiances bien cernées, très évocatrices avec ce qu’il faut pour se laisser embarquer par ces assassins souvent d’occasion ou pourquoi pas aussi des coupables innocentés. Reste un point qui vient atténuer ces louanges, la loupe absente pour déchiffrer les textes dans les bulles victimes d’une police de caractère trop light, pas assez de graisse comme on dit dans le métier. Dommage.

Tu ne tueras point

Du cadavre bien frais, aseptisé par la famille, chez les Deulin Madame s’est suicidée dans son lit. Jean-Pierre son mari pète un plomb et commence à déraper. Et si le suicide était un meurtre ? D’autant qu’être dans le même lit que sa femme quand elle se tue, ne rien entendre il peut y avoir doute. A suivre et c’est Dupond-Moretti qui va défendre le mari. Affaire suivante, on inverse les rôles. C’est le mari patron d’une boite de nuit qui a pris deux balles de chasse à ailettes dans le buffet. Pas beau à voir et la veuve siliconée a des états d’âme et un amant. Alors ? Carton plein ou pas ? Et puis il y a l’affaire Conty dont on se souvient bien, la cavale d’un tueur sans pitié et de son complice en Lozère, le braquage de Villefort. Gendarme abattu, otages en 1977, meurtres gratuits de témoins et Conty qui disparait. Hypothèses diverses et Brigade Rouge en toile de fond.

Tu ne tueras point

Un belle brochette de cas divers pour des faits qui le sont tout autant. Des enquêtes à clé, avec des mystères, des procédures ou des peines parfois étonnantes. De la politique aussi avec le meurtre à Toulon de Poulet-Dachary collaborateur du maire FN Jean-Marie Le Chevallier, un an après celui de Yann Piat. 150 pages de bon mais vrai polar sorti de l’oubli par Hondelatte à juste titre et que Tripp a transféré avec talent en BD. Une lecture estivale par excellence.

Tu ne tueras point, Le Lombard, 19,99 €

Tu ne tueras point