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Graines de vaurien, un western dont les héros sont des enfants coupables du pire

Autant continuer sur la piste de l’Ouest sauvage avec un western dont les héros sont des gamins. Graine de vaurien de Kid Toussaint et de Miss Prickly au dessin est en fait un sujet universel. Comment peut déraper vers le pire, un jeu débile, une idée tordue d’enfants qui la payeront toute leur vie, une cicatrice indélébile qui les poussera aussi pour certains vers une mort certaine et un destin déchirant ? L’innocence enfantine n’est qu’un mot mais la solidarité existe parfois pour le pire. Glaçant.

Warlock est dans sa cellule et va être pendu. A l’école les gosses demandent à leur maîtresse d’aller voir la pendaison. Certains comme Fifty, Nine ou Hank y sont déjà. Des redoutables. Il y a aussi Winnie la dure, Ida, Calico Jo. Le jeune Ugly Green Bar a un père Navajo. Un jeu stupide, attacher le fils du maire Jonas sur les rails du chemin de fer et demander une rançon pour jouer. Bulle propose de prendre sa place car Jonas est terrifié. Mais les gosses rentrent au village sans détacher Bulle. Ils jouent aux shérifs et aux bandits. Un raté, la pendaison de Warlock et un train non prévu le jeudi. Pourtant il y en a un pour amener des gens voir Warlock pendu. Et qui passe sur le corps de Bulle. Les enfants se sentent coupables mais ont peur des conséquences. Jonas, Ice, Fifty et les autres sont pris au piège alors que Warlock réussit à s’échapper en tuant un adjoint alors que la population est près des rails. Pour se dédouaner les enfants écrivent une lettre au maire accusant la famille innocente Warlock d’avoir attaché Bulle. Le shérif est absent et Ryan l’adjoint commence l’enquête mais les pistes sont brouillées et la famille Warlock mère et frère finissent pendus.

Un enchainement de violence incontrôlable, les enfants grandissent, Ryan est shérif, Jonas ne parle plus, Salina est devenue une ville fantôme. Nine est devenue la chef d’un gang avec Jonas. Les cadavres vont s’accumuler dans tous les camps et il va y avoir des récidives ferroviaires encore plus troubles. Le scénario un brin complexe est pourtant solide, sans concession. Un polar western encore et des règlements de comptes où les pires crapules ne sont pas celles auxquelles on pense. Un drame, des primes et San Francisco pendant le tremblement de terre, un album très soigné au dessin clair.

Graine de vaurien, 128 pages, Grand Angle, 19,90 €

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