Comme par hasard, la chance n’explique pas tout

Ah, le hasard, que ne lui fait-on pas endosser ? Mais existe-t-il vraiment ? Cyril Bonin a écrit un nouvel épisode sur ce bien pratique phénomène que l’on avance en désespoir de cause ou pour se soulager, exorciser un démon ou deux, nier une réalité encombrante, se faire plaisir devant l’inexplicable. Comme par hasard, c’est aussi l’histoire d’un amoureux des chiffres puis amoureux tout court. Mais dans l’ombre il y a aussi un curieux matou sournois. Le tout est une leçon, une balade sentimentale, philosophique que Bonin a mis en images avec tact et délicatesse dans de très beaux décors début de siècle.

Comme par hasard

Paris, 1909. Victor Nimas est un comptable tranquille. Il baigne dans les chiffres et cela le satisfait. Il ramasse dans la rue, par hasard, un billet pour les ballets de Diaghilev. Il y va et est subjugué par la danse et surtout une des danseuses. Leurs regards se sont croisés. Nimas rentre chez lui, a perdu ses clés, dort sur un banc et finit par se poser des questions sur tous ces évènements étranges. Il finit par pouvoir rouvrir sa porte, retrouve ses clés tombées dans la doublure de sa veste. Il tombe malade et dans sa fièvre voit un homme à tête de chat à son chevet. Fruit de son imagination ou de ses doutes et incertitudes ? Le hasard lui dit-il, c’est l’imprévu. Pas pour Nimas pour lequel il n’existe pas. Son médecin l’envoie à Baden-Baden où hormis les cures on joue au casino.

Comme par hasard

Tout va rapidement s’enchaîner. Nimas le sceptique ne pourra le rester. L’amoureux retrouvera-t-il sa belle, par hasard ? Et les chiffres dans tout ça, ceux de la roulette ? Pris au piège le brave garçon, de l’amour mais il est intelligent et pourquoi pas chanceux. Ce qui pourrait tout arranger. Cruel dilemme pour un cartésien et même dangereux. Bonin cisèle son propos et sait à merveille faire rebondir, ce n’est pas un hasard, l’action et la dramaturgie.

Comme par hasard, Vents d’Ouest, 18 €