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Sa Majesté des mouches, des enfants prêts à tout pour vivre

Une première en BD que cette adaptation d’un des plus mythiques romans (placé dans les 100 meilleurs titre du XXe siècle), Sa Majesté des Mouches écrit par William Golding et tourné au cinéma par Peter Brook en 1963. Une guerre mondiale, la 3e peut-être, un avion bourré d’écoliers anglais évacués, un crash en mer et des survivants qui se rassemblent sur une île déserte. Aimée De Jongh à qui l’on doit le remarquable Jours de sable qui a obtenu le prix des libraires Canal BD 2022 a su donner toute sa force sociale, psychologique, morale au roman de Golding, dense et complexe, cruel, réaliste, parfois source de débats.

La jungle, Ralph un jeune garçon en uniforme d’un collège britannique, seul. Il a douze ans, traverse la forêt, trouve une mare dans laquelle il plonge. Sur le bord un autre élève le regarde, il porte des lunettes, lui raconte l’avion qui s’est écrasé, qu’il ne sait pas nager. Ils sont sur une île et son nouveau compagnon lui confie son surnom, Cochonnet (Piggy). Ralph se moque de lui et le petit garçon porte des lunettes. Il se souvient que le pilote a parlé d’une bombe atomique. Dans l’eau Ralph trouve un coquillage, une conque qui fait du bruit. De suite Ralph souffle dedans et des dizaines de jeunes garçons de tous les âges arrivent. Quand un autre groupe au curieux uniforme, une cape les rejoint, avec une apparence très militaire. Leur chef c’est Merridew, autoritaire. Tous se présentent, certains jouent, d’autres pleurent. Il faut un chef. Un vote s’organise entre Jack Merridew et Ralph qui est élu. Première décision Merridew et ses copains seront l’armée des chasseurs. Trois enfants partent explorer l’île.

Tout est en place pour que les enfants copient en bien des point, les pires, les adultes. On sait que le roman divise les gamins en deux clans, qu’il y aura un monstre que l’on croit voir. Un pilote mort et des mouches. Il faut survivre et créer des règles pour que l’anarchie ne règne pas sans pour autant que ce soit les extrêmes qui dirigent. Difficile d’être plus proche de l’actualité. Quel choix faire, à quel saint se vouer et où est le pouvoir ? Violence ou sagesse, compromis ou détruire, imposer sa loi, la haine, la méchanceté et la mort vont aussi faire partie de la survie de ces enfants car ils sont capables de tout malgré leur innocence. Malheur aux faibles. Un grand roman, une leçon de vie, une BD de Aimée De Jongh juste, travaillée qui peut sûrement donner envie de lire le livre et qui sera aussi très suivie par les lecteurs.

Sa Majesté des mouches, Éditions Dargaud, 35 €

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