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Bienvenue à Pandemonia, Lucifer et Belzébuth sur le grill

L’architecture fantastique de John Martin : Le Pandemonium, inspiré du Paradis perdu, de John Milton (musée du Louvre à Paris).

Le charme satanique des enfers, à la Beetlejuice, Bienvenue à Pandemonia (Pandemonium est la capitale imaginaire de l’Enfer) est un petit bijou d’humour cornu par Diego Agrimbau (Les Yeux perdus) et Gabriel Ippoliti au dessin. Et si Lucifer, Belzébuth dans un conseil d’administration haut de gamme et surréaliste géraient l’Enfer comme une entreprise du CAC 40 ? Le patron, celui du Paradis bien sûr Dieu impose ses lois. Le tout avec l’arrivée d’un mortel grand communiquant dont l’Eternel a décidé de punir la profession d’arnaqueur qui va semer la panique en quelques mots.

Ismael Posta, grand communiquant et coach devant l’Eternel anime une Convention. Quand au buffet il fait une fausse route mortelle avec une olive et prend celle dans un curieux train de la direction mentionnée sur son ticket, Pandemonia ville infernale. Pas de paradis pour le beau gosse au sourire ravageur et au verbe envoûtant. Mais il ne se démonte pas. A toute situation de crise il y a une réponse. Rassembler les infos et ce qu’il voit n’est pas plus réjouissant. Arrivée en gare, Ismael débarque sur le quai où des contrôleurs cornus annoncent que des douaniers vont montrer aux damnés le chemin de leur châtiment sous l’oeil de vautours et corbeaux déplumés en gibus ou melon. Dans son vaste bureau Lucifer en costume trois pièces s’agace devant une nouvelle liste de péchés qui émane du Règne des cieux. Réunion de travail avec Belzébuth, Bélial, Hammon, Mammon trio moins connu du Mal. Alléger les protocoles, mauvaise communication interne, Belzébuth en rajoute une couche accusant Lucifer d’être un DG nul. Ismael dans la file à la douane reçoit son passeport infernal et refuse l’offre de plaider coupable. Il va faire appel et trouver un avocat, bon de préférence ce qui n’est pas gagné. Mais rien n’arrête Ismael.

On se doute bien que Ismael au palmarès chargé en délits divers détient peut-être la solution pour que Lucifer retrouve le succès, ou la sortie, et que l’Enfer carbure à nouveau. Mais comment et là il vous faudra inévitablement lire cet album horrifique BC-BG dans des décors époustouflants, avec manifs, grève générale des diables et consorts, jugements brûlants. Un procès où ne vont pas passer l’éternité, Ismael sourit et plaide. On rit, on apprécie cette comédie dantesque très bien dessinée, enlevée. L’Enfer ce n’est pas pour les autres, ils ont aussi leur problèmes de gouvernance, de motion de censure larvée par la sphère céleste. Sacré Lucifer, il a un peu de celui de la série TV. Un album qui réchauffe le moral et flingue les gourous. Dieu a presque réponse à tout.

Bienvenue à Pandemonia, Dargaud, 18,50 €

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