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Au-delà de Neptune, où se cache le réel ?

Un titre qui pourtant sur un sujet relativement connu réussit à sortir nettement de l’ordinaire, c’est le cas d’Au-delà de Neptune de Gabriele Melegari premier titre de la nouvelle collection Aux Confins de Steinkis. Aussi bien d’ailleurs graphiquement que scénaristiquement. Une mission spatiale très lointaine vers Neptune et une cosmonaute. Mais comment peut-elle faire perdue dans l’univers, comment peut-elle collecter des informations pour les transmettre sur Terre ? Que se passe-t-il vraiment à bord d’Ulysse le télescope spatial dans le cadre du programme Odyssée ? Quel rôle peut encore jouer un humain ? Un album qui pose questions et leur apporte des réponses inattendues.

Saturne, un vaisseau en forme de pyramide, une petite poupée gravée d’un coeur. Des objets du quotidien qui flottent en apesanteur.  Une jeune femme est alerté par un bip, se lance dans les couloirs et se retrouve en scaphandre dans une sorte de jungle, dans une forêt où coule l’eau d’une cascade. Retour à bord, elle s’adresse à la Terre. Léla est seule à bord d’Ulysse en charge de la mission Terra incognita. 22 octobre 2283, et elle est dans l’espace depuis 784 jours. Elle effectue des sauts dans le système solaire dont elle rend compte, des exoplanètes en rotation dont une serait habitable mais en fait non. Le saut est un outil incroyable. Elle continue à faire du sports sans troubles particuliers. Tout va bien et Neptune est superbe. 4,3 milliards de kilomètres la séparent de la Terre. Elle prend des médicaments pour protéger ses os. Elle en a pour 20 ans. Le saut n’est pas réel, c’est une simulation faite par l’ordinateur. Flippant car tout semble vrai. Elle se retrouve flottant dans l’espace en combinaison.

C’est sincèrement à la fois très beau et très angoissant. Vit-on la réalité où est-ce que c’est une intelligence artificielle qui la dicte ? Le dessin, les ambiances sont superbes. Les souvenirs viennent supplanter la réalité et donc semer le doute. Odyssée est un programme coopératif mais les spationautes sont essentiels. L’objectif n’est pas de voir plus loin, mais de voir mieux, explorer des planètes inconnues, trouver de nouveaux matériaux et découvrir des sources d’énergie durable inédites. Et pour cela sur Ulysse ce ne sont pas de robots dont on a besoin mais d’être humains. Le mélange peut parfois dérouter car on revient sur la jeunesse de Léla. Ulysse peut-il sauver l’humanité ? Léla est parfois censurée dans ses rapports par la machine. La technique pourra-t-elle sauver l’homme qui a détruit sa planète ? Mais il y aura un bug. Vaste propos mais bel album

Au-delà de Neptune, 152 pages, Steinkis-Aux confins, 24 €

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