Après la nuit, un western à redécouvrir

Une réédition d’un titre sauf erreur paru en 2008, Après la nuit, western choc au thème et à la mise en scène à priori très classique. Après la nuit est signé par Henri Meunier et Richard Guérineau qui en est aussi le dessinateur qui a fait le Chant des Stryges, L’Ombre des lumières et le remarquable Charly 9. Un patelin tranquille, un shérif efficace à la réputation mortelle jusqu’au jour où débarque au saloon Jédediah Cooper aux Colt marqués de nombreuses victoires en duels et qui ramènent deux cadavres d’outlaws pour la prime. Sauf que théoriquement Jédediah il est au cimetière. Et qu’on dépose ses armes à l’entrée de la ville, un oubli très volontaire de Cooper. A redécouvrir sans faute.

Oklahoma, 1876. On comprend vite et Stanton le shérif en tête qu’il va y avoir de la balle perdue comme celle qui a défiguré la tenancière du saloon, Rosie. Cadeau de Stanton à ses débuts. Duel d’égo au bar entre Cooper et Stanton et rendez pour un duel à l’aube, faut bien ça. A y être Rosie offre son lit pour peut-être sa dernière nuit au jeune Cooper. États d’âme nocturnes à la Rio Bravo pour le shérif. Cooper se repasse le film de sa vie pourrie à souhait. Un tueur né et un scénario qui cache bien son jeu finalement pas si classique avec retournement de situation à la clé. Le dessin de Guérineau (XIII Mystery , Le Chant des Stryges) qui a déjà sévi dans le western dans Law Men of the West est bien cerné, efficace, détaillé avec des plans cinématographiques dans le bon angle.

Reste donc à savoir qui est vraiment Jédediah Cooper mais suspense oblige alors autant se plonger dans ce huis-clos dont les deux co-scénaristes brouillent à merveille les pistes possibles et prennent le lecteur par surprise sur un dessin qui fonctionne parfaitement.

Après la nuit, 72 pages, Delcourt, 16,50 €

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