Après l’orage, cet eau qui efface tout

Deux maisons, une crue et une femme battue, ses parents et un chat. Jean Cremers au scénario, dessin et couleurs (Le Grand large) traite avec Après l’orage d’un fait-divers climatique devenu d’une banalité effrayante et d’une tranche de vie sentimentale tout autant tristement fréquente. Comment en quelques heures des villages entiers peuvent être envahis par les eaux qui détruisent des vies dans tous les sens du terme, comment une femme a encore peur de celui qui la martyrise ? Le tout est prenant, émouvant et sans appel.

Une rue et deux maisons à étages se font face, un petit ruisseau. Sous la pluie qui tombe, Hélène au volant de sa voiture et blessée à la bouche arrive chez ses parents. Hasard ? L’orage gronde. Fernand son père, sa mère Jacqueline atteinte d’Alzheimer et qui a du mal à bouger, Hélène retrouve un environnement familier. Des post-il pour Jacqueline qui oublie tout, des pâtes au frigo, son père qui a sculpté un superbe buste qui lui ressemble, Hélène a du mal à reprendre ses marques. Sa liaison avec Daniel a tourné au cauchemar. Il la bat, la submerge de textos. Les routes sont inondées, la Gendarmerie empêche les gens de rouler. Elle doit rester chez ses parents. On lui a fait un lit à l’étage sous le toit. Coucher de Jacqueline qui sent bien malgré tout que sa fille est malheureuse. Et l’eau pénètre dans la maison.

La tension dramatique est sur tous les points parfaitement entretenue. Il faut sauver ce qu’on peut, monter se réfugier au premier étage, Hélène est au grenier. Une vie engloutie sous les eaux, pathétique et à pleurer car il va falloir y ajouter pire encore. Une belle entente entre parents et fille, tardive et qui donc fait de la peine à postériori. Un voisin et son chat, la suite est bouleversante, la détresse du père qui voit toute sa vie avec sa maison sombrer. Et sa fille désespérée. Pourtant le bonheur n’est pas loin mais voilà. Trop tard.

Après l’orage, 186 pages, Le Lombard, 

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