Le Petit Théâtre des opérations, 39-45 sous tous les angles

On le suit avec une fidélité sans faille dans Fluide Le Petit Théâtre des opérations. Après l’Empire on est revenu sur une période plus récente, et pour cause, plus ancrée dans la mémoire des Français, le second conflit mondial, 39-45, Résistance et Occupation, Libération. La totale. Ces histoires courtes et vraies sont mises en scène par Julien Hervieux avec ses dialogues acérés teintés d’humour et par Monsieur Le Chien au dessin. Si certaines sont connues comme l’odyssée du sous-marin Casabianca, celles d’origines anglo-saxonnes sont souvent inédites pour un public français. Ces faits d’armes sont tout à fait incroyables mais pourtant authentiques.

On passe donc sur le Casabianca, échappé de Toulon où la flotte française se saborde en novembre 1942. Pour arriver au destin d’une femme pilote soviétique, Anna Iegorova qui va tout faire pour voler au combat sur son IL 2-Sturmovik et accomplir bon nombre de missions. Abattue, elle est sans parachute expulsée de son avion, et s’écrase au sol. Grièvement blessée elle sera torturée par les Allemands, libérée en 1945 par l’Armée Rouge. Mais Staline considère qu’un prisonnier est un traître donc direction le goulag. Ce qui a été la cas de la plupart des libérés. Elle est à nouveau torturée et pire encore on pense qu’elle se fait passer pour la vraie Iegorova que l’on croit morte. Pas de bol mais elle s’en sort. Un Français ensuite qui à lui  tout seul dans sa casemate de la Ligne Maginot tient tête aux Teutons, Jules Beaulieux. Il y a aussi le baron belge Jean de Selys Longchamps. Passé dans la RAF sur son Typhoon il part dégommer l’immeuble de la Gestapo de Bruxelles, en solitaire et sans ordre. Et puis pour finir un Québécois, Léo Major héros du 6 juin 44 qui mène sa guerre tambour battant, y laisse un oeil, saute sur une mine, libère seul une ville et remettra le couvert en Corée en 1951. Un insatiable.

Chaque histoire est complétée par un fiche biographique et historique illustrée. L’album décrit aussi toutes les Croix de guerre alliées dont les plus rares anglaises ou US. On a un faible pour cette américaine unijambiste Virginia Hall qui sévit dans la Résistance française, espionne qui boitait. Même si c’est de la BD on ne peut qu’être respectueux face au courage des ces femmes et ces hommes qui ont joué leur vie pour la liberté. Sens du détail des auteurs, des récits précis, des hommages et plein d’action. En prime une histoire inédite.

Le Petit Théâtre des opérations, anthologie 39-45, Fluide Glacial, 15,90 €

 

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