Buck Danny Tome 61, tueur de satellites

On rebat les cartes une fois de plus pour la série mère au dessin. Dans ce tome 61 de Buck Danny, Sébastien Philippe prend le manche (il est déjà sur Tanguy et Laverdure) après Formosa dont on savait que le 60e, Air Force One, serait le dernier. Reste au scénario Frédéric Zumbiehl pout cette Traque en haute altitude ou le trio va avoir de sacrés ennuis. Un diptyque donc et dont le premier tome est très bien ficelé. Les fans vont apprécier cette manipulation de haut vol machiavélique que Zumbiehl a pris sûrement un malin plaisir à concocter. Pris au piège Buck, Tumbler in love avec Cindy, Sonny qui gaffe bien sûr, une belle précision scénaristique, le suspense est aérien sûr et Philippe assure sans problème avec une belle cadence dans les scènes aériennes très largement majoritaires.

Vol au dessus de l’Australie, Buck et Sonny participent à des manoeuvres avec un groupe naval australien. Combats simulés, Sonny veut s’offrir un duo avec un pilote « kangourou ». Qu le met (virtuellement) au tapis. Pas content Tuckson qui se pose sur le USS Ronald Reagan. Tumbler est à bord alors qu’un satellite US explose. Comment a-t-il pu être abattu à la vitesse où il va ? Pas de satellite tueur dans les parages alors qu’il était affecté au secteur chinois. On a pu prendre une photo de l’explosion. On mobilise le Reagan pour trouver la solution. Buck, Tumbler, Cindy et Sonny partent en reconnaissance en hélico dans les îles (un classique dans Danny) car cela pourrait être un chasseur équipé d’un missile ASAT qui aurait décollé d’un coin paumé. Les Russes ont la technique. Buck trouve une preuve, une coiffe de missile russe sur la plage. Mais qui tire les ficelles ?

Motus car la machination tordue à laquelle Buck va faire face pourrait avoir des retombées internationales. Russie, Chine, oligarques, et des coups fourrés qui seront imparables, la tension est forte et si en plus on y ajoute du sentiment alors on se retrouve avec un épisode certes très technique dans le vocabulaire (fans obligent) mais qui se lit bien, passionnant. Des avions peu connus, des ravitaillements en vol limite, on apprend beaucoup sur ce qui se passe dans l’espace, un Buck Danny qui vole haut avec Philippe très carré.

Buck Danny T61, Traque en haute altitude, Dupuis, 13,50 €

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Un commentaire

  1. Ce nouveau Buck Danny est à la fois réussi et déroutant.
    Réussi, car le dessin est bon et colle parfaitement au style. Sébastien Philippe s’est bien approprié les personnages et son approche narrative résolument moderne ne rompt pas la continuité graphique entamée par Gilles Formosa. Il en est de même de Tanguy et Laverdure pour lesquels, il est parvenu à assurer une continuité bénéfique en se démarquant de ses prédécesseurs. On est loin de l’époque où il dessinait Les Têtes brûlées et dont les personnages étaient disproportionnés et les visages complétement ratés… ! Les casquettes sont hélas toujours mal dessinées.
    L’histoire en elle-même est assez bien menée, les explications techniques de Frédéric Zumbiehl assez simplifiées pour le profane, n’entachent pas la compréhension du récit.
    En revanche, quelques détails sont totalement incompatibles avec l’univers Buck Danny.
    Pourquoi Buck, Tumb et Sonny sont-ils revêtus de l’uniforme de l’US Navy ??? (En dos de couverture, le macaron de casquette de Buck est totalement fantaisiste et se rapproche davantage de celui de la Marine nationale française !…). On sait qu’en son temps, J.M Charlier et V. Hubinon, de par le manque de documentation au sortir de la guerre, pensaient, à tort, que l’aviation embarquée américaine faisait partie intégrante de l’USAAF. Cette confusion avait apporté à la série un côté original. Le lecteur avec le temps, s’en était accommodé.
    Pourtant dans le récit actuel, nos 3 héros sont tout de même désignés par leurs grades respectifs de l’USAF. Erreur d’autant plus étonnante de la part de M. Zumbiehl, ancien marin !…
    Si la BD Buck Danny évolue au fil du temps, à défaut de ne pas choquer les nouvelles générations, elle ne doit pas décevoir les attentes des lecteurs qui la suivent depuis plusieurs décennies. Buck, Tumb et Sonny appartiennent à l’USAF et sont détachés dans la Navy. Ils n’ont pas à porter l’uniforme de la Marine !….
    Des erreurs subsistent dans les uniformes. La tenue blanche de la Navy n’est pas portée avec chemise, cravate et chaussures noires (amiral Hunter), mais avec chemisette, col ouvert et chaussures blanches ou escarpins blancs (Cindy Mc Pherson).
    Le personnel officier et officier marinier féminin de la Navy porte désormais la casquette comme le personnel masculin. Même, s’il s’agit d’une BD, cela ne dispense pas les auteurs de faire preuve d’une certaine rigueur.
    L’équipage des marines de guerre occidentales ne sort plus en uniforme depuis quelques décennies déjà, hormis les autorités militaires lorsqu’elles sont conviées par les autorités locales ou pour les visites protocolaires.
    Que le trio ou plutôt le quatuor enquête sous couvert d’une activité privée, pourquoi pas, mais pas à bord d’un Seahawk et en uniformes blancs accommodés de vêtements civils. Pour la discrétion, on repassera ! Il aurait été plus logique de le faire avec un hélicoptère civil loué, en vêtements civils. La Marine ne prêterait pas un appareil pour ce type d’activité !…

    Ces remarques mises à part, l’histoire, bien menée, laisse entrevoir une suite à la hauteur de la mise en bouche. Merci d’avoir réintroduit à sa juste place, Tumbler, qui sous M. Bergèse faisait un peu trop tapisserie. Par contre, il ne faut pas embourgeoiser nos héros. Il serait mal venu de les faire convoler ou devenir pères de famille., cela porterait hautement préjudice à la qualité de cette série qui, contre vents et marées, connaît depuis quelques temps, quelques ratés notamment dans les séries Buck Danny Classic et Buck Danny Origines (anachronismes et erreurs générés par une mauvaise connaissance de la série originelle).
    Merci aux auteurs, s’ils lisent ces lignes, de tenir compte de ces remarques. La qualité de cette BD ne doit pas être galvaudée sur l’autel de la facilité et du profit. Pensez à J.M Charlier et V. Hubinon qui, pendant quatre décennies, n’ont jamais, une seule fois, déçu leurs lecteurs.