Le Démon de mamie ou la sénescence enchantée, bien vu Florence

Ah Florence, comment vous dire que quand j’ai lu, dévoré, votre dernier album (on se rassure qui sera suivi par bien d’autres), Le Démon de mamie je me suis demandé si je vous en avais raconté le scénario ? Car cette Mamie aurait pu être un Papi, même combat, même ligne de front, même aventures épiques et pourtant vraies. Oui lecteur fidèle, tout ce que Florence Cestac décrit dans son album est authentique, juré. J’ai vécu (et vis encore) le même film sans entracte. En un mot Florence Cestac a écrit la Bible des grands-parents qui ont été des baby boomers élevés eux, elle le dit, à la même sauce que leurs parents ados à la fin de la seconde guerre mondiale, ce qui ne nous rajeunit pas. Donc avec des couches lavables et une certaine trouille de l’autorité des mamies surtout si elles avaient tout juste la cinquantaine à notre naissance. Pas encore usés les dames et elles avaient connu l’Occupation alors la marmaille, au pas vite fait.

Le Démon de mamie ou la sénescence enchantée Mamie, Mamour, Bonne-Maman, Mémie (pour moi enfant), que des noms gentils et tendres. Grand-mère deux fois Florence (j’ai un petit-fils d’avance). Le gâtisme postnatal mais attention on ne pose pas sur le ventre la chair de son cher fils. Sur le dos ce qu’on nous interdisait pour les nôtres de mouflets. Les temps changent et plus de nuque plate. Il faut éviter la plagiocéphalie. Elle ne comprend rien la Mamie, dépassée. Fini aussi la température du bain estimée avec le doigt. On croule sous les vêtements, les jouets, le hamac, on oublie le stérilisateur. On laisse sécher. Toute une éducation à refaire la Mamie si elle veut qu’on lui refile les gamins ce qui de toute façon même si c’est une sorcière arrivera. Comme elle dit Florence on posait le couffin du bébé tout rose sur la banquette arrière, même que des fois ça aidait à l’endormir le petit monstre quand il (ou elle) faisait la gueule. Et roule ma poule. Elle a de la patience la Mamie et de l’expérience. Ce que supporte mal ses enfants-parents. Biberon à bisto de nas, dans le texte, le renvoi salvateur avec aussi des moments inoubliables, complices. Et en plus ils grandissent et nous on prend un coup de vieux. Plus compliqué de suivre le rythme d’autant que les mioches sont rois, capricieux. Florence elle les a pris dans le train. On voit que c’est du vécu. Idem, une expérience traumatisante pour les compagnons de voyage.

Le Démon de mamie ou la sénescence enchantée

Le club chic-ouf vous connaissez ? Bien sûr, chic ils arrivent, ouf ils repartent. Il y a les jeunes mais aussi les vieux à gérer, nos propres parents. Et un jour, poussez pas derrière, on est les prochains sur la ligne de départ. C’est pas une vie tout ça. On n’avait pas été prévenu, enfin, pas vraiment. Mais quel bonheur franchement que d’avoir des petits-enfants, sans oublier la vie de couple en phase terminale. Elle ratisse large Florence, en toute sincérité, vérité. Rien à jeter mais bon des fois bobos au mental. Sénescence enchantée, nous on veut bien. Dégradation irréversible des cellules, c’est ça la sénescence. Et la Mamie elle fait du sports, du longe-côte en mer. Florence vous m’avez épié, ce n’est pas possible. C’est le démon de Papi.

Le Démon de mamie ou la sénescence enchantée, Éditions Dargaud, 17 €

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